A L'INTERIEUR - gore gore gore

A L'INTERIEUR - gore gore gore
Sortie Au Cinéma le 13 juin

Public : Interdit aux moins de 16 ans?

Genre : Horreur / Gore / Fantastique

Avec Alysson Paradis, Béatrice Dalle, Nicolas Duvauchelle...

Réalisé par Julien Maury & Alexandre Bustillo

FRANCE - 2007 - 1H20

SYNOPSiS

Jeune photographe de presse, Sarah est seule cette nuit de Noel. Sarah est seule depuis la mort tragique de son mari dans un accident de voiture, malgré une mère omniprésente et Jean-pierre, son patron paternel.
Seule et enceinte. Cette nuit de réveillon est la dernière qu'elle passe chez elle. Au matin, elle doit rentrer à l'hopital pour que son accouchement soit déclenché. Dans sa maison, seuls les bruits de pas raisonnent. Jusqu'au moment où quelqu'un vient frapper à sa porte. Une femme. Méfiante, Sarah refuse de la laisser entrer. La femme insiste. Le ton monte rapidement. Sarah prend peur et décide d'appeler la police. Dans la semi-obscurité, la femme l'observe par les grandes baies vitrées du salon. La femme tourne autour de la maison, comme un fauve en cage, puis disparait à l'arrivée de la police. Les flics, pressés par des émeutes grondantes dans une cité voisine, la rassurent et repartent. Sarah referme sa porte d'entrée à double tour, ignorant que la femme est désormais à l'intérieur. Une femme motivée par une seule chose : arracher du ventre de Sarah l'enfant qu'elle croit etre le sien. La nuit se transforme en une longue lutte entre les deux femmes, Sarah tente par tous les moyens de se défendre et de se protéger des agressions de la furie qui est entrée chez elle. A plusieurs reprises, Sarah va avoir de la visite : Jean-pierre, à nouveau une patrouille de police, sa mère... mais chacun deviendra tour à tour la victime de cette femme. Au milieu de cette violence, Sarah sent les premières contractions.

MON AViS

A l'intérieur est un premier film de Julien Maury et Alexandre Bustillo, que j'attendais depuis un certain temps. Pourquoi? Tout simplement parce qu'en France, les films de genre sont peu nombreux et souvent inintéressants (on rit souvent plus qu'on est effrayé). Connaissez-vous beaucoup de films gores (ou meme juste effrayants) français réussis? HAUTE TENSION d'Alexandre Aja est peut-etre bien la seule exception qui vienne confirmer cette règle, ou le récent ILS, qui, meme s'il n'est pas gore, tient plutot ses promesses coté suspens(horrifique). A L'INTERIEUR vient donc se placer dans cette catégorie de films, et rien que pour cela, on peut remercier les réalisateurs. Toutefois, A l'Intérieur tient-il ses promesse pour autant ? Hum... Je dirais oui.. mais non.

Tout d'abord, A L'INTERIEUR est un vrai film gore, le sang coule à flots, il gicle dans tous les sens, et peut-etre parfois trop, ce qui créé des situations qui pretent à rire (on en demandait pas tant !). Dans ce huis-clos cruel et pervers, Alysson Paradis et Béatrice Dalle nous livrent chacune une prestation très intense voire animale, dommage que leur dialogue soit parfois ponctué de répliques qui font plus sourire que peur.
Coté esthétique, le film est une réussite, avec une photographie soignée et des effets spéciaux bien foutus (par exemple, les scènes où on voit le bébé - qui en a marre d'etre secouer - à l'intérieur du ventre de Sarah, sont superbement réalisées). Après le film, vous ne verrez plus le ventre d'une femme enceinte de la meme façon, je vous le garantis !!! En revanche, ce que j'ai trouvé de pire dans le film, ou disons ce que je regrette le plus, ce sont certains choix (douteux) qu'ont fait les réalisateurs. Alors qu'ils traitent plutot bien leur sujet - on est dans du gore réaliste - Maury et Bustillo décident, vers la moitié du film, de basculer dans le fantastique : un mort se relève, les bras tendus en avant, et marche comme un zombie... C'est un zombie ! Au pire, on peut en rire, et encore... C'est regrettable.

Si vous aimez les films gores, je vous conseille de tester A L'INTERIEUR, mais vous etes prévenus. Toutefois, je ne vois aucune raison valable d'aller voir le film au cinéma, si ce n'est votre impatience, une séance dvd suffit amplement. Attention, je ne dis pas que le film est mauvais, mais tout simplement qu'il déçoit, ce n'est pas le 'grand' film gore auquel je m'attendais, dans la linée de Haute Tension, meme si certaines scènes sont 'délicieuses' (plantage de ciseaux dans la main, dans l'oeil, découpage de ventre, césarienne sans péridurale...). Finalement, A l'intérieur n'est pas le 'thriller authentique réaliste, radical et flirtant avec l'horreur', qu'on nous avait promit. Ou plutot si, il l'est (réaliste, radical...), mais c'est avec le ridicule qu'il flirte parfois - à mon grand désespoir ! - quel dommage ! Dans le meme genre - c'est à dire deux femmes qui se foutent sur la gueule dans un appartement, avec son lot d'ultra violence et de giclées de sang - on préfère (de loin) 2LDK, du japonais Yukihito Tsutsumi, un film que les réalisateurs d'A l'intérieur semblent avoir vu récemment avant le tournage... Une belle tentative (à renouveller) !!!
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mon-(mini-)coup-de-gueule : Ce qui est décevant aussi - les cinéastes n'y sont absolument pour rien ! - c'est le manque cruel de salles dans lesquelles le film est sorti. Moi qui rale souvent à ce sujet (peu de films intéressants sortent ici), on peu dire que j'ai de la chance, meme si le film n'est pas sorti ici (à Arles), il est au moins sorti à Nimes (à environ 40 bornes) et aussi à Montpellier (à 80 bornes d'ici) : il n'est sorti ni à Marseille, ni à Aix... et ni à Dijon (au grand dam de nobodysmith;)

et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le vendredi 15 juin 2007 06:59

Modifié le vendredi 15 juin 2007 08:22

CASINO ROYALE, de M. Campbell

CASINO ROYALE, de M. Campbell
Sortie Au Cinéma le 22 novembre 2006

Genre : Espionnage / James Bond 007

Avec Daniel Craig, Eva Green, Mads Mikkelsen, Jeffrey Wright, Judi Dench...

Réalisé par Martin Campbell

GRANDE BRETAGNE - 2006 - 2H19

SYNOPSiS

Casino Royale présente James Bond avant qu'il n'obtienne son autorisation de tuer. Mais Bond n'en est pas moins dangereux. Après deux assassinats consécutifs, il est promu au rang de '00'. Sa première mission le conduit à Madagascar, aux Bahamas et pour finir au Monténégro pour y affronter 'Le Chiffre', un impitoyable banquier, qui, menacé par ses clients terroristes, tente de récupérer ses fonds lors d'une partie de poker à haut risque. 'M' place Bond sous la surveillance vigilante de la séduisante Vesper Lynd. D'abord sceptique quant à l'apporte de Vesper, l'intéret que Bond lui porte grandit face au danger. Leur mission sera parsemée d'embuches et les enchères monteront bien au-delà du prix du sang...

MON AViS

Ceux qui en avaient marre de la série coréenne 'ont de la chance' : j'ai failli consacrer cet article à un dvd que j'ai reçu ce week-end (Spriggan), un manga dont il faudra absolument que je vous parle, mais plus tard. Comme il en faut pour tous les gouts, j'ai préféré revoir 'un bon gros film tous publics', le dernier Bond, James Bond...

Casino Royale aura fait vendre beaucoup de papier et couler beaucoup d'encre. Pourquoi ? A cause de Daniel Craig... Eh oui, vous comprenez, les puristes étaient mécontents du changement d'acteur, et ce bien avant l'avoir vu jouer !!! Que le film soit adapté du premier roman d'espionnage de Ian Fleming, ça leur était égal. Que les producteurs aient décidé d'etre le plus fidèle possible au roman de Fleming - c'est à dire, Bond au tout début de sa carrière - ce qui excluait Pierce Brosnan (trop vieux) dans le role de 007, ils s'en fichaient. Que ce soit Martin Campbell, le réalisateur de Golden Eye, qui était aux commandes, également... Non, le hic c'était Daniel Craig, plus rien d'autre ne comptait à leurs yeux. C'est sur que Craig n'est pas Brosnan, qu'il n'a pas le charisme de Connery, puis il lui manque au moins 5 cm - halala... ces fameux centimètres manquants... Notons que les puristes ont toujours les memes réactions, ça a été pareil pour chaque distribution de Bond... Il faut savoir que lorsque Sean Connery a été choisi, tout le monde a dit : "Quelle horreur (de petit malheur) !" parce que ce n'était pas David Nirven...

Bref, saviez-vous que Casino Royale n'est pas la première, mais la deuxième adaptation du meme roman de Ian Fleming ? En effet, le premier film Casino Royale (1967) était une parodie burlesque des films d'espionnage, une sorte de précurseur d'Austin Power, en fait. Ce livre n'avait donc jamais été traité correctement, d'où le Casino Royale 2006...

Avec les nouveaux espions, genre Jason Bourne, qui ont débarqués sur nos écrans, la série James Bond n'avait jamais autant eu besoin d'un bon dépoussièrage... Voilà qui est fait, ce nouveau James Bond est plus violent, plus sombre et plus réaliste - ici, il n'y a pas de volcans profonds et fantastiques - et on le voit dès le prologue, en noir et blanc, où on découvre un 007 assez... sauvage. Les scènes d'action sont impressionnantes, parce que très réalistes. Prenons la première séquence d'action, qui montre Daniel Craig qui poursuit l'athlète français Sébastien Foucan, un ex-yamakasi qui a co-fondé le free-running (ou le parkour, un sport urbain qui lui a été inspiré par ses jeux de gosses avec ses potes), sur un chantier. Sur les poutres, les grues, il entre, il ressort... L'apogée de la poursuite étant le combat qu'ils se livrent sur la grue - à (plus de) 50 mètres au dessus du sol - sautant d'une grue à l'autre... On voit bien que tout est filmé en direct, que les acteurs l'ont réellement fait. Coté baston, ça ressemble à tout sauf à une partie de plaisir : James Bond est rodé aux meilleures techniques de combats (comme Jason Bourne dans La Mort dans La Peau). Brutales et désordonnées, elles ressemblent plus à de la bagarre de rue où l'efficacité l'emporte sur le style. Ici, pas de chorégraphies aériennes ! En revanche, Les fameux gadgets de la série ne sont pas de mise ici, il reste tout de meme à 007 son téléphone multifonctions qui fait aussi bien GPS que détecteur infrarouge et... sa désormais célèbre Aston Marteen, bien sur.

Si Daniel Craig balaye d'un revers de main tous ses prédécesseurs, on apprécie également la présence de la sublime, la délicieuse Eva Green, qui fait une superbe James Bond Girl. Mieux, elle a un vrai role ! Celui de la maligne et impertinente Vesper Lynd, qui est aussi énigmatique. Au final, grace à son savant mélange de réalisme et de noirceur, et au charisme du puissant et viril Daniel Craig, Casino Royale est (indiscutablement) le meilleur film de la série !! Cela dit, vous avez intéret d'aimer le poker, qui tient une grande place dans le film.

Notons que James Bond 22, les vingt deuxièmes aventures du célèbre agent - avec devinez qui??? Daniel Craig, of course ! - est prévu sur nos écrans en mai 2008. Cool, non !?

et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le lundi 11 juin 2007 16:56

Modifié le mardi 12 juin 2007 04:04

KIM KI-DUK

KIM KI-DUK
Kim Ki-duk est un metteur en scène prolifique (environ un film par an), qui certes, n'a pas autant de maitrise technique qu'un Park Chan-wook (en meme temps, il n'a pas fait d'école de cinéma), en revanche il est doté d'un oeil bien neuf et il raconte des histoires comme peu savent le faire - les deux réalisateurs sont parmi mes préférés, mais pour des raisons très différentes - et il a de plus en plus de succès dans son pays ! Il passe, depuis quelques années (depuis Bad Guy), d'un public de base intellectuel à un public plus généraliste. Tous ses films sont violents et forts (à part Printemps, été automne, hiver...et Printemps, où il semble un peu apaisé), et il n'y a pas de happy end - il n'y croit pas ! - il pense que ça existe au cinéma, mais pas dans la vie... (Un brin) pessimiste le Kim !

Né en 1960 à Bongwha, dans la province de Kyonsang, en Corée du Sud, Kim Ki-duk a grandi dans ce village de montagnes. A l'age de neuf ans, il suit ses parents à Séoul. Obligé de quitter le lycée après que son grand frère ait été renvoyé de l'école, Kim Ki-duk se retrouve dans une école d'agriculture. Il commence à travailler dans des usines à dix-sept ans et rejoint la marine à vingt-trois pour effectuer son service militaire. Trois ans plus tard, enfin libéré de ses obligations militaires, il songe sérieusement à devenir pretre, alors que son père l'imaginait plutot en patron d'usine.

C'est aussi à cette époque qu'il commence à s'intéresser à la peinture. Mais, en 1990, Kim Ki-duk décide de faire un break. Avec ses modestes économies, il quitte la Corée pour travailler à travers l'Europe (de la Finlande à la Grèce en passant par l'Allemagne). En 1992, après avoir séjourné à Paris, il s'installe en France, dans un village prés de Montpellier - raison pour laquelle il parle français. Peignant et exposant ses oeuvres dans les rues et sur les plages plutot que de participer à des événements officiels, Kim Ki-duk survit en vendant ses tableaux, avec plus ou moins de difficultés. C'est également en France qu'il découvre par hasard le 7ème art, grace à des films de genre variés, comme BASIC INSTINCT de Paul Verhoeven, LE SILENCE DES AGNEAUX de Jonhatan Demne, L'AMANT de Jean-Jacques Annaud, ou encore DIVA de Jean-Jacques Beineix. Revigoré par son séjour européen, Kim Ki-duk retourne en Corée et décidé de se lancer dans le milieu du cinéma en participant à des concours.

En 1994, son premier scénario, PAINTED AND PRISONER, gagne le prix de Création de la Scenarist Association. En 1995, il gagne un autre prix à la Korean Motion Picture Association, grace à son second scénario, ILLEGAL CROSSING. L'année suivante, Kim Ki-duk a enfin l'occasion d'écrire et réaliser son premier film, CROCODILE, l'histoire d'un marginal au caractère violent (une caractéristique récurrente des personnages de Kim), qui récupère de vives réactions, mais dont la sortie reste confidentielle. Dans ce filon, le cinéaste débutant aborde plusieurs thèmes qui seront développés dans ses futurs films : son amour pour la peinture, sa fascination pour l'eau et les poissons, la représentation de la violence et la cruauté humaine...

Son deuxième film, WILD ANIMALS (1997), est une production coréenne tournée en France (mais toujours inédite ici). L'histoire d'un peintre sud-coréen devenu escroc et d'un nord coréen expert en arts martiaux, qui se rencontrent à Paris et se lient d'amitié, évitant les ennuis avec la pègre locale. Ne maitrisant pas la langue française, Kim Ki-duk privilégie la direction d'acteur de ses deux interprétes principaux, Jang Dong-jik et Cho Jae-hyun, tandis que les interprètes français (dont fait partie Denis Lavant et Richard Bohringer) sont un peu en roue libre. Malgré sa sincérité, le film est un échec cinglant au box-office local. Le seul moyen alors pour Kim Ki-duk d'avoir une chance de tourner à nouveau est de participer à un concours de scénarios organisé par la Kofic (l'équivalent du Centre National de la Cinématographie en Corée). C'est ainsi qu'il réussit à monter BIRDCAGE INN (1998), une histoire de haine et d'amitié entre une jeune prostituée et une étudiante vivant dans une auberge située près d'une ville portuaire qui sert à la fois de maison d'accueil et d'hotel de passe. Le film, qui lui ouvre les portes des Festivals internationaux (Berlin, Montréal, Los Angels) est moins radical ans son approche que les précédents : il s'achève meme sur une note optimiste.

L'ILE, conte fascinant et cruel qu'il tourne en 1999, sera son premier film à connaitre une audience internationale (il sort sur les écrans français en avril 2001). Un film qui séduit par sa beauté plastique et son univers poétique et choque à cause de la cruauté de certaines scènes (envers les humains ou les animaux). Kim Ki-duk enchaine aussitot REAL FICTION (2000), un film semi-expérimental (la vengeance d'un peintre au bord de la crise de nerfs contre tous ceux qu'il déteste) tourné en 200 minutes avec 10 caméras numériques tournant en simultané. Un défi technique qu'il remporte haut la main.

Son film suivant, ADRESSE INCONNUE (2001), présenté au 58e Festival de Venise, est lui, encore plus autobiographique. Kim Ki-duk raconte l'histoire de trois jeunes coréens vivants près d'une base militaire dans les années 70. Plus qu'un souvenir, c'est une blessure intérieure que le cinéaste représente à l'écran dans une oeuvre d'une puissance dramatique rarement vue au cinéma. Le personnage du jeune peintre en devenir, souffre-douleur des voyous du quartier, n'est autre que le cinéaste en personne.

En 2001, Kim Ki-duk connait enfin son premier succès commercial en Corée avec BAD GUY (700 000 entrées), film pourtant controversé où il aborde le thème de la prostitution.

En 2003, il réalise PRINTEMPS, ETE, AUTOMNE, HIVER... ET PRINTEMPS, un film assez introspectif, comme THE COAST GUARD. Boulimique de travail, le cinéaste décide de produire, avec sa société de production 'Kim Ki-duk Films', ses deux nouveaux projets, SAMARIA, un film qu'il tourne en une dizaine de jours avec un budget modeste de 100 000 $US, et LOCATAIRES. Présentés au Festival de Berlin en 2004, Samaria obtient l'Ours d'Argent du Meilleur Réalisateur et Locataires le Lion d'Argent. En 2005, il tourne L'ARC où, comme dans la plupart de ses films, il est question de l'expression du désir amoureux, possessif et versatile, tantot sublimé dans l'onirisme, tantot réduit à une pulsion jalousement ravageuse.

Ses deux prochains long métrages sont TIME, qui raconte une femme qui, pour sauver sa relation, fait appel à la chirurgie esthétique, et qui sort sur nos écrans (français) le 15 aout 2007. Et SOUFFLE, qui parle de jalousie, de pardon, d'espoir et de passion et qui sort en salles (françaises) le 26 septembre 2007.

FILMO

2007 - Souffle

2006 - Time

2005 - L'Arc

2004 - Locataires / Samaria

2003 - Printemps, été, automne, hiver...et printemps / The Coast Guard

2002 - Bad Guy

2001 - Adresse Inconnue / L'Ile

2000 - Real Fiction / The Birdcage Inn

1998 - Wild Animals

1996 - Crocodile.

# Posté le mercredi 06 juin 2007 17:02

Modifié le jeudi 07 juin 2007 04:26

BAD GUY, de Kim Ki-duk

BAD GUY, de Kim Ki-duk
Direct-To-Dvd le 22 juin 2005

Public : Accord parental

Genre : Fable moderne désabusée... / Mélange de polar et d'histoire d'amour tourmentée...

Avec Cho Jae-hyun et Seo Won

Réalisé par Kim Ki-duk

COREE DU SUD - 2001 - 1H43

SYNOPSiS

Hangi, chef de gang d'un quartier chaud, embrasse de force une jeune fille sur une place publique et se fait gifler par la lycéenne en question. Le 'bad guy' qu'elle vient de rejeter est un proxénète qui organise une terrible machination pour faire d'elle une prostituée. Il ne sait pas encore qu'il est tombé amoureux d'elle...

MON AViS

BAD GUY est certainement le film de Kim Ki-duk qui m'a provoqué le plus d'émotions. Je l'ai détesté (après le premier visionnage), puis adoré (la deuxième fois). Dorénavant, c'est peut-etre meme celui du réalisateur que je préfère.

Cinéaste culte mais très controversé, Kim Ki-duk réalise BAD GUY en 2001. malgré son sujet sordide (la prostitution), le film est un vrai succès commercial en Corée - c'est peut-etre bien son film le plus beau et le plus dérangeant ! - imposant Kim Ki-duk comme un cinéaste incontournable du cinéma coréen.

Avec BAD GUY, Kim Ki-duk poursuit son exploration de l'ame humaine et des conséquences extremes d'un manque - ou d'un trop plein - d'amour, sujet qui traverse quasiment toute sa filmographie. L'univers de BAD GUY est divisé en deux. Film dur, parfois sadique, et traversé par des scènes d'une beauté visuelle enivrante. BAD GUY éblouit par la parfaite maitrise de sa mise en scène, riche en symbolisme, telle l'utilisation du miroir sans teint derrière lequel se réfugie Hangi, image du voyeur directement envoyée à nous (au spectateur), voyeur volontaire nous (lui) aussi.

Le film doit beaucoup à son acteur principal, à sa beauté, à son animalité... Cho Jae-hyun est un acteur prodigieux qui réussit à nous faire entrer dans son univers, à nous faire croire à son personnage. Son incroyable force d'interprétation est comparable à celle de Lee Byung-hun dans A BITTERSWEET LIFE (et je vous garantis que je pèse mes mots !). (anti-)Héros du premier film de Kim Ki-duk, CROCODILE, Cho Jae-hyun a, entre temps, tourné dans quasiment tous les films du réalisateur (WILD ANIMALS, L'ILE et ADRESSE INCONNUE) et il est aussi devenu une véritable star du petit écran, ce qui, selon Kim Ki-duk, explique en partie le succès en Corée, son cinéma ne s'étant pas du tout assagi malgré sa popularité croissante (sauf peut-etre avec PRINTEMPS, ETE, AUTOMNE, HIVER...). Et, depuis, on a eu le plaisir de retrouver l'acteur sud-coréen dans SWORD IN THE MOON, un film de sabre réaliste, brutal et lyrique à gros budget dans la lignée de SEVEN SWORDS de Tsui Hark (direct-to-video qui aurait largement mérité une sortie ciné). Un acteur à suivre !

En résumé, BAD GUY est un mélange de polar et d'histoire d'amour tourmentée, une vraie love story entre deux personnes qui ne savent pas communiquer et qui finissent par se rencontrer. C'est un film extrèmement émouvant et qui, du début à la fin, tient sur le fil du rasoir... Fable moderne désabusée ou conte cruel d'une humanité en déroute, BAD GUY est, en apparence, une histoire scandaleuse. En fait, c'est une vraie histoire d'amour entre deux autistes, indécente et perverse, mais d'amour quand meme.

Editeur : Asian Star

Langues : VOST seulement (Surtout, ne passez pas à coté d'un tel film sous prétexte que la version française n'est pas disponible - quel dommage - vous rateriez une perle, comme on en voit que très rarement. Lire les sous-titres, c'est comme n'importe quel autre sport, il suffit d'un peu d'entrainement !)

Suppléments : Making-of / Interviews / Galeries photo / Film annonce / Filmographies.

et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le mercredi 06 juin 2007 04:31

L'ILE, de Kim Ki-duk

L'ILE, de Kim Ki-duk
Titre Original : SEOM

Sortie au cinéma le 25 avril 2001

Public : Interdit aux moins de 16 ans !!

Genre : Fable fantastico-érotique / Drame horrifique

Avec Cho Jae-hyun, Seo Won...

Réalisé par Kim Ki-duk

COREE DU SUD - 1999 - 87 minutes

SYNOPSiS

La belle et fantomatique Hee-jin s'occupe d'ilots de peche au beau milieu d'un site naturel idyllique. Pour survivre, elle vend de la nourriture et du matériel de peche, et, le soir venu, elle se prostitue occasionnellement. Un jour, Hyun-shik, un homme plus désespéré que les autres, débarque sur cet ilot, il vient de tuer sa femme et cherche dorénavant un endroit pour disparaitre et oublier sa peine. La souffrance de cet homme intrigue Hee-jin...

MON AViS

Kim Ki-duk, pour ce cinquième film (mais le premier distribué en France), ne fait pas dans la dentelle. L'Ile, qui lui a été inspiré par un paysage découvert lors d'un de ses voyages 'en province' (un site de peche avec des cabanes flottantes), est un film au rythme plutot lent et le cinéaste opte pour un choix de mise en scène qui consiste a très peu faire parler ses personnages, un choix de mise en scène que l'on retrouve dans presque tous ses films (et qui peut pourtant en rebuter certains). Les deux personnages principaux ne parlent pas (ou peu) car ils n'ont plus confiance en personne, et non car il ne le peuvent pas ! Ils sont déçus des autres. Hee-jin, des hommes qu'elle a eut (avant de venir se réfugier sur l'ile), quant à Hyun-shik, sa copine lui avait dit qu'elle l'aimait, mais ce n'était qu'un mensonge. Alors ils renoncent à la parole et font ainsi le choix du silence. Ils s'expriment par les actes...

Soyons clair, l'autre aspect de cette Ile qui peut aussi rebuter, c'est sa violence. Elle est perceptible tout au long, mais elle apparait (extrèmement) durant la seconde moitié du film : les scènes de mutilation de la gorge et du vagin (à l'aide d'hameçons) sont très réalistes et risquent de choquer les ames (meme les moins) sensibles, meme si Kim Ki-duk affirme que ce n'était pas son intention - comme ça au moins, vous voilà prévenus ! Il explique que parce que 'la gorge de l'homme et le vagin de la femme sont les symboles sexuels principaux, quand ils sont mutilés c'est pour montrer que le sexe est insignifiant. La mutilation de ces symboles, le renoncement à ces symboles sont plus forts qu'un suicide physique. C'est comme un suicide moral'... Puis, il y a aussi la violence envers les animaux, qui est difficilement supportable, voire acceptable (Hee-jin qui cogne (vraiment) son chien ; Un poisson, qui est péché et depecé d'une partie de sa chair, est remis à l'eau - sous nos yeux et sans trucages numériques ; Des oiseaux en cage sont jetés à l'eau et meurent dans le film, mais aussi dans la vie réelle...). Heureusement pour nous, l'Ile a aussi beaucoup d'aspects positifs...

Coté acteurs, on retrouve souvent chez Kim Ki-duk ceux qu'on ne voit pas chez les cinéastes coréens, pour la simple et bonne raison, qu'il ne veut pas faire le cinéma des autres. C'est pourquoi ses comédiens viennent soit du théatre (souvent expérimental), soit de la télévision, plus précisément des séries télé : que ce soit dans l'Ile, ou dans n'importe quel autre film que j'ai vu de Kim, ils sont toujours à la hauteur de nos espérances, voire meilleurs. Notons que l'actrice principale s'est beaucoup (trop?) identifiée à son personnage (elle a meme vécu quelques jours dans la cabane, alors que la nuit, l'endroit n'est pas toujours bien fréquenté), ce qui lui a couté d'etre traumatisée jusqu'un an après le tournage. C'est fou, non !? Ce n'est d'ailleurs pas le seul tournage qui a laissé des 'séquelles psychologiques'... Selon Kim Ki-duk, Seo Won (qui tient aussi le role principal dans Bad Guy) lui aurait révélé qu'elle avait gardé 'une blessure à l'ame' : "Je suis quelqu'un de dangereux. Mes personnages imaginaires possèdent mes actrices" dit-il, avec son petit sourire (en coin) de coquin.

En fait, on peut dire que dans l'Ile, les personnages ne font que partis d'un tout - c'est la nature qui est la plus forte !!! On voit que cette femme 'muette', cet homme 'perdu' et ces gens qui vivent dans des radeaux, ne sont que des choses infimes au regard de la nature, qui est splendide. Kim Ki-duk redonne tout son sens à la trouvaille du lieu dans un film ! Le cadre de l'Ile est très réduit, on voit une masse d'eau (sous la pluie...) avec des petites-maisons-gadgets-flottantes (où l'on joue aux cartes...) et bien sur cette femme mystérieuse (qui est une sorte de Déesse Shiva, à la fois séduisante et mortelle) qui revient souvent dans les films de Kim Ki-duk.

On se souvient tous encore de 'Fantasmes' - comment pourrait-il en etre autrement!? - du coréen Jang Sun-woo sortie l'année précédente, et de son sadomasochisme à batons rompus plutot festif. Ici, le SM dépasse largement le domaine de la sexualité pour nager dans les eaux troubles fantastico-érotiques de la mythologie et de la psychanayse. Film d'horreur, fable psychanalytique, L'Ile - qui est (avec Bad Guy) quasi-unanimement considéré comme son plus beau chef-d'oeuvre - est donc un voyage captivant, une fable cruelle à l'humour dévastateur non dénuée de traumatisme, au coeur de l'origine du monde... le sexe de la femme. (Un voyage que je vous recommande à toutes et tous, à condition bien sur d'etre prévenu - et vous l'etes !)

Editeur : Asian Cinema

Langues : VOST seulement (la Version Française n'est pas disponible, ce qui, pour ceux qui la préfèrent à la Version Originale Sous-Titrée, n'est absolument pas genant, les dialogues étant plutot rares - rassurez-vous, vous n'aurez pas besoin de lire beaucoup).

Suppléments (de la version double dvd - 2 films (l'Ile + Peppermint Candy) : Présentation (passionnée) par Jean-Pierre Dionnet (5 min) + Making-of (agréable, pas indispensable - 7 min)+ Interview (instructif) de Kim Ki-duk (23 min) + (sa) Filmo + Film Annonce.

et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le lundi 04 juin 2007 06:55

Modifié le lundi 04 juin 2007 07:40