YESTERDAY ONCE MORE de John.To

YESTERDAY ONCE MORE de John.To
"Mes détectives ont fouillé ton passé.
Ton ex-mari et toi étiez des voleurs.
Vous etes restés partenaires.
Pas de chance, vous etes tombés sur moi. "

Genre : Comédie romantique policière

Avec Andy Lau, Sammi Cheng, Jenny Woo, Carl Ng...

Réalisé par Johnnie To

HONG KONG - 2004 - VF + VO - 1H35

Monsieur et madame To, deux voleurs mariés, se disputent le partage d'un butin et divorcent. Elle, épouse un fils de bonne famille dans l'espoir de voler le collier de sa mere. Mais lui, convoite aussi le bijou... Le couple échafaude des plans et des pieges et compte les points. Dans cette course du chat et de la souris, tout n'est que bluff, mensonges et travestissenents.

Voici YESTERDAY ONCE MORE, une comédie romantique de Johnnie To d'une année bien remplie puisqu'il a fait THROW DOWN (JUDO), qui est un film personnel, BREAKING NEWS, un film à moitié personnel, et, la meme année, YESTERDAY ONCE MORE, qui est un blockbuster. Cela peut vous sembler étrange, mais c'est également pour moi le meilleur film de Johnnie To de cette année là (et aussi un de mes préférés du maitre) ! Car c'est une comédie romantique policière (les deux héros sont des voleurs) absolument sidérante !!!
En fait, avec Yesterday Once More, on est à la croisée des chemins (comme souvent dans le cinéma de Hong Kong) entre la comédie, le romantique, le policier et, pour finir par le mélodrame, qui nous fait chialer.

Quand on voit le film pour la première fois, ce qui étonne le plus, c'est de voir que pour la première fois Hong Kong, qui est souvent considérée comme une ville mafieuse, sombre & dure, était filmée d'une manière incroyablement romantique - la ville est belle, magnifique, les gens sont beaux, les bateaux, les voitures de sports (Audi TT, Porsche, Ferrari...), le décors est admirable... et c'est peut-etre pour ça que le destin des gens au milieu qui tourne mal est encore plus terrible.
L'histoire est simple. Il est voleur et... c'est Andy Lau - donc, le voleur idéal ! Il va quitter sa femme sous un prétexte futile. Il décide qu'ils ne voleront plus les diamants ensembles et il va l'abandonner. Elle croit d'abord que c'est encore une espèce de 'jeu', mais quand elle le retrouve, elle comprend pourquoi il l'a quitté (un pourquoi que je tais, évidemment).

Les deux acteurs principaux sont donc ANDY LAU, la star numéro un de Hong Kong, et SAMMI CHENG, la star numéro un féminine de Hong Kong. En fait, c'est d'une trilogie qu'il s'agit ici : les deux films précédents sont avec les memes acteurs, LIVING YOU, qui avait pas mal marché, et LOVE ON THE DIET, un film aberrant (on dirait du Eddie Murphy grande période, puisque... au départ les deux héros sont obèses puis quand l'un maigrit, l'autre grossit... Et ils tombent enfin amoureux, quand l'un et l'autre ont un poids "moyen"). Donc, après ces deux succès prodigieux au box-office de Hong Kong, Johnnie To a fait un film un peu plus personnel sur les rapports humains possibles entre Sammi Cheng et Andy Lau. Comme ce sont deux acteurs qui peuvent rester très en dessous, le propos est grave, mais eux ne montrent rien de la gravité du dit propos.

En bref, YESTERDAY ONCE MORE (avant c'était mieux, qui est un titre des Carpentier) nous dit qu'on va s'amuser, qu'on va rire, et à la fin on est en larmes... Jamais HK n'avait été filmée de manière aussi glamour !!! Entre comédie policière à la manière de LA MAIN AU COLLET de Alfred Hitchcock et travail d'artisan habile sans fausse note, YESTERDAY ONCE MORE rend un hommage explicite aux comédies romantiques policières des années 60-70. Andy Lau et Sammi Cheng sont ainsi partenaires, éternels amants ou figures doubles, dont la distinction de sexes importe peu.

Décidemment, le cinéma de Hong Kong revient et... ça fait plaisir ! La meme année (2005), Sammi Cheng a fait six films. Andy Lau a fait six films, dont deux gros films chinois (dont A WORLD WITHOUT THIEVES, de Xiaogang Feng). Il a également fait un CD qui a été le plus gros succès de l'année. On revient donc à cette grande époque où les acteurs de Hong Kong faisait six à dix films par an, après une période un peu terrible où ils en faisaient un ou deux. A cela une raison très simple - Yesterday Once More, par exemple, est un film qui sort en Chine populaire. Et depuis que Hong Kong sait qu'ils ont accès à la Chine (le plus grand pays du monde), tous les acteurs et metteurs en scène de Hong Kong ont comme un tigre dans le moteur, et il semble que dans l'immédiat, dans tous les domaines - y compris la comédie cantonnaise qui jusqu'à présent avait une mauvaise presse ici chez nous (c'est est une comédie cantonnaise !) - le cinéma de Hong Kong est à nouveau le plus intéressant du monde.

qu'en pensez-vous ?

# Posté le lundi 16 juillet 2007 14:09

Modifié le mardi 17 juillet 2007 03:51

THROW DOWN, de Johnnie To

THROW DOWN, de Johnnie To
Titre : THROW DOWN (ou JUDO)

Public : Accord parental

Avec Aaron Kwok, Louis Koo, Cherrie Ying et Tony Leung Ka Fai

Réalisé par Johnnie To

HONG KONG - 2004 - VO + VF - 1H31

Autrefois champion mythique de judo, Scz To a depuis longtemps abandonné le monde du sport de manière inexplicable. Criblé de dettes, il sest désormais bati une triste réputation d'alcoolique sans aucun avenir. Seuls Tony, passionné de judo, et Mona, une apprentie chanteuse, vont lui redonner l'envie de se battre.

Voici THROW DOWN (traduit par JUDO), de JOHNNIE TO (l'homme qui filme plus vite que son ombre !), qui est un hommage direct à LA LEGENDE DU GRAND JUDO d'Akira KUROSAWA.

Comme Johnnie To est autant un commerçant qu'un artiste, il a prit les jeunes tetes montantes du cinéma de Hong Kong : LOUIS KOO (Election, Bullets over Summer..), la très belle CHERRIE YING (Election, Fulltime Killer..) AARON KWOK (Divergence, Storm riders..). Mais bizarrement dans un role mineur, celui qui dévore le film, c'est TONY LEUNG KA-FAI (Nouvelle Cuisine, l'Amant...), en vieux prof de judo, toujours aussi beau. D'ailleurs, plus sa carrière avance, plus il vieillit et plus il devient extraordinaire. Vous verrez que les dix minutes où il est présent à l'écran, il dévore le film !

Et puis il faut parler du metteur en scène, du chorégraphe des combats, YUEN BUN, qui est décidemment l'homme le plus versatile en ce moment de Hong Kong. Il a fait les combats minialistes de ELECTION, les combats délirants SEVEN SWORDS, et ici il fait des combats à la KUROSAWA, extremement simples. Il est l'un des maitres actuels, car peut-etre un de ceux qui utilisent le moins de cables, et qui à chaque film, trouve une manière de filmer les combats différente.

Les films de Johnnie To se ressemblent un peu, puisqu'il a deux carrières : une de films exigeants, souvent violents, et une de comédies romantiques pour le marché local. Ce film-ci est une merveille à part car c'est un film violent, riche, mais en meme temps avec des moments d'humour hilarants (vous verrez par exemple la scène des chaussures... un grand moment).

En bref, après PTU BREAKING NEWS, Johnnie To réalise des films plus iconoclastes, qu'il est aujourd'hui le seul à imaginer et à mettre en images. Film hommage au maitre Akira Kurosawa et à son premier film LA LÉGENDE DU GRAND JUDO, le trio d'acteurs glamour évolue dans une intrigue faite de combats, d'espoir et de volonté. Une nouvelle maestria visuelle qui sacre Johnnie To comme le meilleur cinéaste hongkongais.

et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le lundi 16 juillet 2007 13:44

Modifié le mardi 17 juillet 2007 03:52

RUNNING ON KARMA de Johnnie To

RUNNING ON KARMA de Johnnie To
Public : Accord parental

Genre : Mélange explosif de kung-fu, de polar, de comédie et de thriller ésotérique

Avec Andy Lau et Cecilia Cheung

Produit et Réalisé par Johnnie To & Wai Kai Fai

HONG KONG - 2004 - VOST (seulement !) - 1H29

Big, ancien moine shaolin devenu stripteaseur à Hong Kong, a des visions du passé qui lui permettent d'anticiper l'avenir. Un jour, il croise une jeune policière novice, qui enquete sur un dangereux criminel, tueur contorsioniste. Pourra t'il sauver la jeune policière de son mauvais karma ?

RUNNING ON KARMA est un film de Johnnie To qui a triomphé en Asie et surtout à Hong Kong - il a eu le Prix du Meilleur Film, du Meilleur Acteur, du Meilleur Scénario, de la Meilleure Photographie... Et quand il est arrivé ici, il a été vu dans de nombreux festivals, personnes n'y comprenaient rien. Alors, que s'est-il passé ?

Disons que c'est un film qui mélange absolument tout, les philosophies orientales, le kung-fu, l'humour, la comédie : Andy Lau porte un genre de costume de hulk en plastique (c'est à dire un torse, des bras, des fesses et des jambes... très musclés). Il joue donc un barraqué, qui est un ancien moine de shaolin, qui fait des stripteases - les filles lui glissent des billets dans le slip... Puis il a des visions (vous verrez la mise en scène des scènes de 'visions' est juste sublime) et il découvre le mauvais karma d'une jeune policière (Cecilia Cheung) - en gros, ça veut dire qu'elle est foutue. Puis, il doit se battre avec un tueur contorsioniste (ok, ce sont des combats au cable, mais ils sont tellement jouissifs !) qui tient dans une poubelle haute de 50 centimètres. Et enfin, il va dans la montagne et se bat contre lui-meme (cette dernière partie est étrange, mais passionnante). Bref, en Asie, cela parait normal (le mélange des genres), mais ici... comme on dit, ça voyage mal.

Si vous voulez voir cet excellent film qu'est RUNNING ON KARMA (que certains considèrent comme un chef d'oeuvre absolu et d'autres, comme un navet), vous devez accepter l'idée que le coté mélodrame, le coté bon, le coté mal, intense, terrible... c'est la vie, et que mélanger les genres, qui est une chose typiquement asiatique, c'est en gros avoir trois films pour le prix d'un. Alors ne vous plaignez pas et regardez plutot cette oeuvre excellente de Johnnie To, qui est en train de prendre la place qu'il mérite. En effet, on peut voir le travail incroyable d'un artisan qui depuis 20 ans a fait du cinéma classique à Hong Kong et qui devient progressivement un auteur. L'équivalent des grands metteurs en scènes américains des années 40 (comme Ford, par exemple), qui ont d'abord travaillé pendant vingt ans sur des choses anonymes et qui progressivement sont devenus auteurs avec une maitrise totale artisanale de leur travail d'abord. Johnnie To - écoutez bien ! - est peut-etre un des deux ou trois plus grands metteurs en scène du monde, actuellement.

et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le lundi 16 juillet 2007 13:41

Modifié le mardi 17 juillet 2007 03:53

LA VOIE DU JIANG HU

LA VOIE DU JIANG HU
"Je ne comprends pas à quoi ça t'avance. Tu vas bientot mourir et tu poses des tas de questions."

Titre Original : JIANG HU

Direct-To-Dvd (2006)

Public : Accord Parental

Genre : Polar à la classe absolue, à la limite de l'art et essai

Avec Andy Lau, Jackie Cheung, Eric Tsang, Edison Chen et Shaw Yue

Réalisé par Wong Ching-po

HONG KONG - 2004 - 1H20

La Voie du Jiang Hu retrace le parcours de feu amis qui ont mis la main sur la mafia locale et règnent en maitre sur leurs clans et sur la zone des triades. A la suite de la naissse de son fils, Hung Yan veut se retirer une fois pour toutes. Toutefois, les autres chefs de gangs ne sont pas prets à le laisser partir si facilement.

Wong Ching Po. Retenez bien son nom, surtout ! Ce jeune réalisateur est doté d'un talent de mise en scène et de créativité incroyable. Et je pense qu'il est en train de démarrer une belle et longue carrière cinématographique.

Toujours dans l'attente d'EXILE, le film de JOHNNIE TO qui sort demain, et après vous avoir présenté hier le sublime SPL, voici un autre polar hongkongais qu'il faut absolument découvrir, pour peu que vous aimiez le genre.

Salué il y a deux ans au Festival de Hong Kong comme le meilleur nouveau metteur en scène, WONG CHING PO est effectivement l'espoir numéro 1 de la colonie. C'est un metteur en scène extrèmement formaliste, extrèmement riche, qui a une culture universelle - il dit en interview qu'il a écrit JIANG HU en écoutant la musique de HAIR et que chaque morceaux lui donnaient l'idée d'une scène. ANDY LAU, qui est un grand acteur et qui a été le seul à produire le nouveau cinéma de Hong Kong pendant les dernières années (c'est lui qui a révèle FRUIT CHAN), est en train d'essayer de lancer plein de nouveaux metteurs en scène et, parmi les douzes qu'il a déjà lancé, celui auquel il est déjà fidèle, c'est le formidable WONG CHING PO.

LA VOIE EU JIANG HU est d'une sophistication incroyable, qui fait parfois penser à du WONG KAR WAI, et le plus étonnant quand on a vu le film, quand on réalise le travail énorme qu'il représente, c'est que le film a été tourné en sept jours, monté en sept 7 jours, et c'est pourtant une des oeuvres les plus abouties que j'ai vu depuis longtemps.

L'histoire est une histoire classique de triades. La manière dont WONG CHING PO la traite, le formalisme de Wong Ching Po, font qu'on a l'impression d'etre entre un film de gangster et un film d'art et d'essai. Bonne nouvelle, à Hong Kong le film, malgré son coté art et essai, a été un énorme succès ! J'ai vu depuis son film suivant, MOB SISTER (2005), qui est un film tout à fait étonnant, voire déroutant, également sur les triades (bientot dans le blog), mais pas son film précédent qui se passe dans une morgue, FU BO (2003), ni ses deux moyens métrages.
Et je peux vous dire dès aujourd'hui qu'avec ce film-ci, et les suivants, peut-etre bien que nous avons un des grands grands metteurs en scène de l'avenir, qui vient de Chine et qui s'appelle WONG CHING PO.

ANDY LAU est la plus grande star de la canto-pop, un chanteur un peu sirupeux qui a vendu je crois 200 millions de CD. C'est également un acteur tout à fait étonnant, puisqu'il a commencé avec des moyens limités, mais en étant correct, et tout doucement, il est devenu l'acteur de plus en plus fort, que maintenant on connait très bien, grace à la série des INFERNAL AFFAIRS. En face de lui, il y a JACKIE CHEUNG, qui est un acteur avec une gueule incroyable et qui a souvent joué pour WONG KAR WAI - il a d'ailleurs eu un Prix d'Interprétation pour AS TEARS GO BY - il était aussi dans UNE BALLE DANS LA TETE (de John Woo) ou plus récemment dans PERHAPS LOVE (de Peter Chan) et, en gros, ANDY LAU est un gangster qui va avoir un enfant et qui a décidé un peu de calmer sa vie. Son copain, un gangster pur et dur, et extremement méchant, qui lui n'hésite pas à tuer non seulement ses ennemis, mais les enfants, les parents de ses ennemis, car il ne veut pas (comme il dit) que les racines repoussent. En parallèle, il y a une deuxième histoire avec deux adolescents (EDISON CHEN et SHAWN YUE, qui sont les jeunes héros de la trilogie INFERNAL AFFAIRS) et vous comprendrez à la fin, mais je ne vous direz rien maintenant, pourquoi ces deux histoires devaient un jour se rencontrer...

Vous connaissez ERIC TSANG le scénariste. Vous connaissez Eric Tsang le réalisateur, l'acteur (le petit gros blond et chef de gang dans INFERNAL AFFAIRS). Eh bien ici, ERIC TSANG est producteur et il continue à alterner toutes ces carrières, en faisant en plus un peu de télévision comme présentateur. Il joue aussi ici un petit role de lieutenant de la mafia, dit "le grand".

Vous verrez que dans ce film, WONG CHING PO fait des choses qu'on n'oserait pas ailleurs. Par exemple, au début, cette scène où la caméra monte le long d'une fete et où l'on voit un cheval blanc dans une stalle au premier étage. Mais c'est logique, vous comprendrez pourquoi... Vous verrez aussi à un moment les acteurs sont à table et, d'un coup, le décor se déplace autour d'eux. Ca pourrait etre du formalisme pur et simple, en fait, c'est beaucoup plus compliqué. Ce que WONG CHING PO essaie, c'est à la fois de faire un film de genre et de rendre les états d'ame des personnages. Il est donc aux limites de l'abstraction et aux limites du réalisme. Je pense que le fait qu'un metteur en scène comme lui puisse avoir un succès - car ce film a été vendu dans tous les pays du monde, y compris les Etats Unis ! - donne grand espoir pour le cinéma, pour le retour à des films funs et ambitieux.

En bref, grace à une atmosphère unique et à un scénario semant sans cesse le spectateur, l'action passe d'un genre à l'autre. Andy Lau, Jackie Cheung et un duo de jeunes acteurs solides (Edison Chen et Shawn Yue) portent le film de façon magistrale et font de LA VOIE DU JIANG HU une oeuvre maniérée à la classe absolue. Un must du genre, à l'instar d'SPL. Avis aux amateurs de purs polars hk !

Editeur : Asian Star

Langues : VOSTF + Version Française

Suppléments : making-of + (12) interviews + scènes et rushes inédits + docu sur la création d'affiches + présentation du film + clip vidéo + galerie photos + film annonce + filmographies

et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le mardi 10 juillet 2007 12:38

Modifié le mercredi 11 juillet 2007 04:16

SPL, polar HK de Wilson Yip

SPL, polar HK de Wilson Yip
"Une chose est sure : Je ne sacrifierai jamais un de mes homme !"

Titre Original : Sha Po Lang (Mort Destruction Cupidité)

Direct-To-Dvd le deuxième semestre 2006

Public : Interdit aux moins de 12 ans

Genre : Polar Martial

Avec Sammo Hung, Donnie Yen, Simon Yam et Wu Jing

Réalisé par Wilson Yip

HONG KONG - 2005 - 1H30

SYNOPSiS

L'inspecteur de police Chan voit sa vie basculer lorsque la famille qu'il protégeait est exécutée sous ses yeux. Il décide alors de stopper par tous les moyens Po, le chef de la pègre locale. Pourtant, à quelques jours de sa retraite, Chan n'est toujours pas parvenu à le mettre sous les barreaux...

MON AViS

En attendant mercredi prochain (11 juillet 2007) et la sortie en salles d'Exilé, le prochain super polar (ou western urbain) de Johnnie To (Election 1 + 2), voici un autre polar pur hongkongais - dans le genre maitrisé on fait pas mieux, et avec des scènes de combats inédites, extremes et brutales...

SPL, qui veut dire Sha Po Lang (ce sont trois étoiles de l'astrologie chinoise dont la conjonction est fatale, qui signifient Mort, Destruction, Cupidité), c'est l'histoire de trois personnages qui ont comme point commun la paternité. Ce qui rend l'histoire plus humaine. Peut-etre aussi parce que le réalisateur est Wilson Yip (Juliet in Love, Bullet Over Summer...) et qu'il sait justement faire des films humains. Généralement, dans les films d'action, les interactions entre les personnages sont très faibles et, avec SPL, il réussit totalement un film d'action parfait.

La bonne idée, c'est d'avoir (bien) mélangé le coté sentimental, intimiste des films de Wilson Yip et les scènes d'action, de kung-fu de l'acteur-chorégraphe Donnie Yen. Depuis le succès d'Ong Bak, le public veut de la baston réaliste - exit les combats aux cables et la surenchère d'effets spéciaux ! Donnie Yen a retenu la leçon (pour notre plus grand grand plaisir, d'ailleurs) et nous livre des combats brutaux, nerveux et violents.

Après la période des films d'action comiques (genre Tai Chi Master...), SPL est peut-etre bien le premier d'une série à venir (surtout qu'après le succès public et critique de SPL, la suite serait en préparation!?).

Coté casting, tout va bien, puisqu'on retrouve :
- Simon Yam, qui a tourné dans de nombreux films policiers (notamment ceux de Johnnie To, PTU, Election...) et qui joue un personnage assez ambigue, un flic qui navigue entre le bien et le mal.
- Donnie Yen, qui a un peu perdu son temps en Amérique en réglant les combats de Blade 2 et autres... et qui, en plus de chorégraphier tous les combats, joue le role d'un flic honnete, enfin vous verrez...
- Sammo Hung, qui a fait une carrière magnifique comme metteur en scène, comme acteur, comme producteur. Après avoir joué 'Le Flic de Shangai' en Amerique, il revient à Hong Kong (ouf ! Merci !!) où il réalisera bientot un nouveau film. Mais dans SPL, il joue un des méchants les plus méchants que j'ai vu - à peu près aussi méchant que Ben Kingsley dans Sexy Beast !
- Et enfin, Wu Jing - vous le reconnaitrez grace à sa coupe sortie d'un manga, blond - qui joue un tueur sanguinaire. On l'a vu juste une fois, dans Il était une fois en Chine 2, après il est devenu le champion du monde de wu-chu, remplaçant Jet Li qu'il a battu à quatre reprises. Vous verrez que dans le film il est absolument terrifiant, avec un visage d'ange, et qu'il détruit les gens avec un plaisir tout à fait évident.

Notons la musique de Chan Kwong - qu'elle souligne l'action ou qu'elle souligne l'émotion - est très présente (il y a peu de dialogues, la musique remplace parfois les mots) et très réussie.

Et dernier point vital, la photo admirable est due à un directeur de la photo indépendant, qui a commencé par les films de Fruit Chan (Nouvelle Cuisine). Et on voit donc un film visuellement qui ne ressemble à aucun autre film de Hong Kong. D'ailleurs, c'est ce qu'on pourrait dire de SPL : C'est le premier film de combats et d'arts martiaux qui ne ressemble à rien de connu depuis, en gros, l'age d'or, l'époque des John Woo, Tsui Hark et Kirk Wong débutants. Du Jamais Vu !

Editeur : Asian Star

Langues : VOST + VERSION FRANCAISE (alors, heureux ?)

Suppléments (répartis sur deux dvd) : Making of + conférence de presse + docu 'SPL' de F. Ambroisine + interviews de Donnie Yen & Wilson Yip + présentation du film + galerie photos + film annonce + spot tv

et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le lundi 09 juillet 2007 16:09

Modifié le mardi 10 juillet 2007 10:28