INFERNAL AFFAIRS 2 ET 3

INFERNAL AFFAIRS 2 ET 3
Titres : INFERNAL AFFAIRS 2 + INFERNAL AFFAIRS 3


Sortie en (direct-to-) dvd le 23 octobre 2006


Public : Tous publics


Genre : Polars HK


Avec Andy Lau, Tony Leung, Edison Chen, Shawn Yue, Anthony Wong, Francis Yu, Eric Tsang, Kelly Chen, Chapman To, Gordon Lam...


Réalisé par Alan MAK et Andrew LAU


HONG KONG - 2003 - VO + VF - 2H et 1H55







Octobre 2006. Alors que nous attendons le remake très attendu d'INFERNAL AFFAIRS par Martin Scorsese (Les Infiltrés, qui va s'avérer être hyper décevant et très en deçà son modèle, bref : inutile), Studio Canal édite INFERNAL AFFAIRS 2 et 3. Conscient de la difficulté de réaliser une suite après l'incroyable succès du premier opus, le duo magique Alan Mak et Andrew Lau (CONFESSION OF PAIN) choisit l'option du prélude. Bon flair ! INFERNAL AFFAIRS 2, sorti en 2003, revient sur les circonstances de la rencontre entre les deux personnages principaux (interprétés par Andy Lau et Tony Leung dans le premier, puis par Edison Chen et Shawn Yue dans le second) : un règlement de compte entre parrains de la mafia hongkongaise à quelques années de la rétrocession, ladite rétrocession jouant le rôle du fil conducteur. Tout est ici d'une subtilité impressionnante et d'une alchimie parfaite : scénario, interprétation et réalisation tendent vers un classicisme d'une maturité impressionnante. Certainement l'un des meilleurs inédits asiatiques de cette fin d'année 2006. Dommage que la qualité du troisième ne suive pas...
Le duo de réalisateurs tente bien de retrouver le jeu de ping-pong entre les personnages (Tony Leung et Andy Lau, issus de différentes époques, ne se voient pas. La psy voit Tony Leung dans le passé et fréquente Andy Lau dans le présent. Elle joue une sorte d'intermédiaire virtuel entre les deux et, en cela, la structure est importante) mais se perd en chemin dans une scénario pompeux à la limite de la prétention "auteurisante". INFERNAL AFFAIRS 3 est lourd et long, même si certaines scènes sont très sympa à voir (la schizophrénie d'Andy Lau...). Reste que cette trilogie fait partie des meilleurs polars du cinéma contemporain de Hong Kong (et qu'il serait impardonnable de ne pas la voir) !

En revanche, on nous avait promis deux éditions digipacks double-DVD, et, au final, on se retrouve avec deux versions simples dans un boitier plastique, certes dans une 'poche'. Bref, en bonus : deux petits documentaires de très bonnes tenue, réalisés à partir des interviews des comédiens et de l'équipe (+ trois bandes annonces). D'ailleurs, on aurait aimé qu'ils soient plus longs.

et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le lundi 23 juillet 2007 16:21

Modifié le lundi 23 juin 2008 04:21

MADE iN HONG KONG

MADE iN HONG KONG
~ Hong Kong Film Award au Festival des 3 Continents de Nantes (équivalent de notre César) ~

Sortie Au Cinéma le 6 octobre 1999

Genre : Étrange thriller survitaminé où des ados fréquentent le milieu des triades

Avec Sam Lee, Neiky Yim Hui-chi, Tung-chuen Wenbers Li, Ka-chuen Amy Tam...

Réalisé par Fruit CHAN


HONG KONG - 1997 - VOST - 1H44


RÉSUMÉ

Dans un Hong Kong survolté, quelques mois avant la rétrocession de l'ile à la Chine populaire, le jeune Mi-Aout et son protégé, Jacky, attardé mental à la carrure de lutteur, vivent de petites combines. Un jour, Ha Ping, jeune fille atteinte d'une maladie incurable, fait irruption dans la vie de Mi-Aout. Celui-ci s'obstine à croire qu'il peut la sauver s'il trouve de l'argent, quitte à commettre un crime...



Après avoir réalisé en 1991 son premier long métrage, FINALE IN BLOOD (un film de fantomes dans le cadre des studios), Fruit Chan confectionne en 1997 MADE IN HONG KONG, un OFNI dans la cinématographie locale battant alors quelque peu de l'aile. Alors que tout le monde essaye de marquer au box-office, Fruit Chan lance un film interprété par d'illustres inconnus qu'il a rencontré dans la rue (Sam Lee, que Chan a découvert alors que celui-ci faisait du skate, est devenu depuis une figure récurrente du cinéma hongkongais). Le film, réalisé avec des bouts de ficelles (en l'occurrence, des chutes de pellicule, de l'argent emprunté ici et là et beaucoup d'astuce), est une oeuvre foncièrement indépendante qui ne recherche pas à brosser le spectateur dans le sens du poil. Au travers de l'histoire d'un adolescent paumé, travaillant occasionnellement pour les triades, et qui découvre une raison de vivre via une fille mortellement malade, Fruit Chan dresse un portrait pessimiste mais réaliste de la colonie à la veille de la Rétrocession.

Grâce à MADE IN HONG KONG, Fruit Chan est devenu la figure de proue du cinéma indépendant à Hong Kong. La Rétrocession, qui effraie toute la population locale, est à la base de MADE IN HONG KONG et des deux pseudo suites que Chan lui donnera, THE LONGEST SUMMER en 1998 et LITTLE CHEUNG en 1999. Ces trois films ont obtenus de nombreuses récompenses internationales (à Locarno, au Festival des 3 Continents...) et ont aussi permis à Fruit Chan d'obtenir une reconnaissance mondiale, tout à la fois critique et publique.

Tourné avec un budget ridicule et des acteurs amateurs (mais crédibles !), mélangeant pèle-mêle le clip et le film de genre, les effets visuels et les rythmiques urbaines, MADE IN HONG KONG est donc un film ultra-énergique, électrisant et ne craignant jamais de flirter avec le mauvais gout (ou de mettre un pied au dessus du vide), qui s'est immédiatement imposé comme l'une des réalisations majeures de cette fin de siècle. Que ce soit en pur terme cinématographique ou thématique, Fruit Chan s'impose par la même occasion comme un cas à part dans l'industrie commerciale et convenue du cinéma hongkongais. De suicides-mode-d'emploi en chutes libres, de maladies incurables en meurtres sanglants, MADE IN HONG KONG est implacablement scandé au rythme des décès et des disparitions...

À voir absolument, les amateurs de polars déjantés à la John Woo et de combats virevoltants et chorégraphiques à la Tsui Hark risquent fort de prendre leur pied, et les autres aussi d'ailleurs !


et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le lundi 23 juillet 2007 06:47

Modifié le lundi 23 juin 2008 04:54

DIVERGENCE, de Benny Chan

DIVERGENCE, de Benny Chan

Titre Original : SUN CHA KU

Public : Accord parental


Genre : Polar mélodramatique


Avec Ekin Cheng, Daniel Wu et Aaron Kwok


Réalisé par Benny CHAN


HONG KONG - 2005 - VOST & VF - 1H41




Suen est un flic taciturne, obsédé par la disparition, dix ans auparavant, de Fong, sa promise. Lors du transfert d'un témoin à charge dans une vaste affaire de détournement d'argent, ledit témoin est exécuté par un sniper. Dans le but de trouver l'assassin, Suen file régulièrement To, un jeune avocat. Jusqu'au jour où il aperçoit à ses cotés une femme qui ressemble trait pour trait à son amie disparue...





DIVERGENCE est le dernier film de Benny Chan sorti en France - les prochains, ROB-B-HOOD et INVISIBLE TARGET sont annoncés en 2008 ! Benny Chan est un metteur en scène classique, il fait des blockbusters, il a beaucoup travaillé avec Jacky Chan, dont NEW POLICE STORY. Ensuite il a réalisé HEROIC DUO, puis, avec DIVERGENCE, il reprend un peu la leçon de UNE NUIT A MONGKOK. C'est à dire qu'il essaye de faire une histoire plus construite, plus complexe, plus riche, sur trois destins qui se croisent. En effet, c'est l'histoire de trois destins qui se croisent : un policier malheureux et dépressif car sa femme a disparue, un étrange avocat et un tueur.

Coté casting, ça le fait... plutôt bien (surtout quand on sait que les acteurs se sont retrouvés dans le film car ils étaient les seuls, de la boite de prod, dispo au moment du tournage). Daniel Wu, qui vient aussi de réaliser son premier film, joue (encore) un tueur - souvenez-vous, il (l')était dans ONE NITE IN MONGKOK. Mais cette fois, il joue un tueur plus psychotique, qui en plus a des problèmes personnels (sa copine, qui lui trouve les contrats (de meurtres, bien sur), est une cancéreuse au dernier degrés). Ensuite, il y a l'avocat, joué par... Ekin Chen, qui est un acteur qui a été la grande star des blockbusters des années 90, mais qui depuis suit une carrière plus intéressante (RUNNING OUT OF TIME 2 de Johnnie To, ZU 2 de Tsui Hark). Ici, il trouve un personnage riche car c'est un avocat, en apparence, très intelligent, brillant, mais qui subit le contre-coup du fait qu'il sait qu'il défend des gens qui ont torts. Et enfin, le héros... le flic pleurnicheur qui passe son temps à coller des affiches dans les rues de Hong Kong, recherchant sa bien-aimée disparue depuis dix ans - il pleure de partout et ça en devient saoulant, vraiment (voyez la scène où il pleure dans sa voiture... ça craint !). Aaron Kwok a (d'ailleurs) été considéré comme un mauvais acteur pendant très longtemps. Et, à force de tourner - depuis en gros STORMRIDERS - il a fait des rôles de plus en plus intéressants, jusqu'à ce jour.

Dans Divergence, personne n'est ce qu'il semble etre, tous les personnages changent, ils évoluent dans un monde qui n'est ni noir ni blanc... La fin est sidérante - on ne peut pas s'y attendre - et surtout, comme souvent dans les films hongkongais, la ville est parfois plus importante que les personnages, la manière dont ils se croisent est plus importante et fait leur destin... disons qu'ils sont manipulés par ce qu'il leur arrive. Benny Chan est un metteur en scène intéressant, il hésite entre une mise en scène très classique et parfois une mise en scène très gonflée à la Michael Mann - certains passages sont intenséments stylisés. Il ne ressemble donc à aucun autre réalisateur hongkongais, il a une manière plus froide, plus bleutée de filmer la ville.

En Bref : réalisé par Benny Chan, DIVERGENCE est un film motivé par des ambitions narratives à la croisée du polar, de l'histoire d'amour, du drame et du film d'action. Comme dans tous ses films, le cinéaste film avec beaucoup de style la ville de Hong Kong et trois des acteurs les plus glamours de l'ex-colonie (nommés ci-dessus). Vivement son prochain film !

et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le vendredi 20 juillet 2007 23:03

Modifié le lundi 23 juin 2008 05:16

NEW POLICE STORY de Benny Chan

NEW POLICE STORY de Benny Chan
Titre original : San ging chaat goo si

Sortie Au Cinéma le 13 juillet 2005

Public : Tous publics

Genre : Polar - le retour de Jacky Chan !

Avec Jacky Chan, Daniel Wu, Nicolas Tse, Charlie Young, Wong Chieh et Charlène Choi


Réalisé par Benny CHAN


HONG KONG - 2004 - 1H58


L
égende vivante de la police de Hong Kong, l'inspecteur Wing sombre dans le désespoir et l'alcool quand son équipe est entièrement décimée par le Gang des Cinq, dirigé par Joe. Un jeune officier parvient alors à le convaincre de réintégrer les rangs de la police et de retrouver les malfrats...



L'inspecteur Chan ne renonce jamais... Pour signer dument son triomphal retour à Hong Kong, Jacky Chan abandonne l'univers comique et bon enfant de ses films les plus récents pour nous plonger au coeur d'un polar infernal. Défié par un gang de jeunes hackers, fous de jeux vidéos et de sports extrêmes, il devra puiser au fond de son âme afin d'y puiser des ressources insoupçonnées. Avec un de ses réalisateurs fétiches aux commandes, le brillant réalisateur de DIVERGENCE Benny Chan, Jacky inaugure une nouvelle ère dans sa carrière, plus intense que jamais. La saga des POLICE STORY prend un vrai coup de jeune et la star martiale retrouve son plus haut niveau... pour notre plus grand plaisir !

Sans doute pour se faire pardonner de tous ceux qui se sont sentis floués par ses derniers films (Le tour du monde en 80 jours, Le médaillon), Jacky Chan revient à Hong Kong et choisit d'écrire et produire un film, avec Benny Chan à la réalisation. NEW POLICE STORY n'est pas seulement une tentative de reconquete, mais une grande entreprise d'autoflagellation publique. Toute la première heure du film enchaine des images d'un Jacky Chan humilié, vaincu et résigné, pleurant à chaudes larmes ou encore vomissant ses tripes et son dégout de lui-meme au fond d'une ruelle sordide après une opération de police ayant viré au désastre et à la mort de neuf de ses coéquipiers. Comme dans les quatre premiers POLICE STORY (dont le 1 et le 2 ont été récemment édités en DVD), Jacky joue le role-titre de l' "inspecteur Chan". Son style de kung-fu est sans doute plus ramassé, moins bondissant que par le passé, mais sa vitesse d'exécution et son sens du show restent stupéfiants. Comme toujours, le "message" (les méchants sont des vilains gosses de riches oisifs, tandis que le héros professe les vertues de l'effort et des enfants sages) est simpliste et secondaire, Jacky Chan étant surtout là pour montrer qu'il est pret à tout donner pour que le spectateur en ait pour son (comme dans cette séquence où il dévale une façade de building en courant en rappel face à la pente, le résultat est très... cool).

D
éjà auteur de WHO AM I ? et du très moyen GENERATION X COPS, que Jacky avait coproduit depuis son exil hollywoodien, Benny Chan est une fois encore aux manettes, bien calé dans ce role de super-assistant, que Jacky octroie aux réalisateurs de ses films de Hong Kong. Au delà des cascades, qui ne déparent pas dans la longue liste qui a fait la gloire des Police Story (le bus fou qui détruit tout un quartier sur son passage est le digne successeur de celui de l'épisode 1), ce film est parfois carrément éprouvant à regarder, sans doute parce que c'est bel et bien une épreuve que s'inflige à travers lui sa star emblématique. Une épreuve de souffrance, à l'image de celle que traverse son personnage, à ceci près que le Chan de fiction se voit offrir une seconde chance, alors que pour le Jacky réel, c'est de la toute dernière qu'il s'agit...

NEW POLICE STORY est plus sombre et plus intense que n'importe quel Jacky Chan depuis 1993/94, lorsqu'il enchaina presque coup sur coup CRIME STORY de Kirk Wong (également sorti en dvd le le 18 juillet 2007) et DRUNKEN MASTER 2 de Liu Chia-liang, ses deux derniers chefs-d'oeuvre certifiés et incontestables. D'ailleurs, le film pourrait meme s'intituler "NEW CRIME STORY", tant il est question de héros hanté, torturé, exhibant les cotés obscurs de sa force. Du reste, il est amusant de constater que, aux Etats Unis, le film de Kirk Wong a été édité en vidéo sous le titre usurpé de POLICE STORY 4...

Plus encore que comme un film, NEW POLICE STORY peut donc se regarder comme la cérémonie de réconciliation de Jacky Chan avec ses fans et avec lui-meme. Meme le casting témoigne de cette volonté réunificatrice, puisque trois générations de stars s'y cotoient : Jacky lui-meme, le jeune Nicolas Tse (révélé par GEN X COPS et l'excellent TIME AND TIDE de Tsui Hark) et la sublime Charlie Young, sortie d'une retraite de sept ans... Et maintenant, je vais vous dire exactement le contraire de ce que je viens d'écrire. En effet, je ne peux m'empecher de penser que sans Jacky Chan (en tant qu'acteurs), le film n'aurait été que meilleur car, malgré tout, il peine à se débarasser complètement de son personnage, certaines mimiques ne trompent pas.

De retour aux Etats Unis, Jacky Chan s'est aussitot remis au boulot et a débuté le tournage de RUSH HOUR 3 (bientot sur nos écrans, le 17 octobre 2007), où son role de super-flic chinois bénéficiera à n'en pas douter du ravalement (et du dévalement) de façade opéré par New Police Story. Mais ceci est une autre histoire... de police.

et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le vendredi 20 juillet 2007 22:59

Modifié le lundi 23 juin 2008 05:33

BREAKING NEWS, de Johnnie To

BREAKING NEWS, de Johnnie To
Sortie Au Cinéma le 20 avril 2005


Public : Accord Parental


Genre : Polar hongkongais intelligent et efficace


Avec Ritchie Jen, Nick Cheung et Kelly Chen


Réalisé par Johnnie TO


HONG KONG - 2004 - VO & VF - 1H27



Des gangsters ouvrent le feu sur la police en pleine rue à Hong Kong. Ridiculisée devant les caméras, la police décide de répliquer en orchestrant l'arrestation de ces criminels en direct à la télévision. Toutes les forces disponibles sont envoyées au pied de l'immeuble où ils ont été repérés. La guerre des médias peut commencer...



BREAKING NEWS est le premier film de Johnnie To (THE SPARROW) sélectionné à Cannes. Ce n'est pas mon préféré, mais c'est tout de même un film assez "important" pour moi, car c'est grâce à lui que j'ai découvert le réalisateur hongkongais (que j'aime de plus en plus, comme vous devez commencer à vous rendre compte). Il faut dire qu'il sort des films (environ trois pas an) qui sont toujours meilleurs, de plus en plus forts. S'il continue à ce rythme, nous ne dirons bientot plus qu'il sort trois films par an, mais plutôt trois chefs-d'oeuvre par an ! Ok, j'vous voit venir... Vous pensez peut-être que j'exagère (genre... le mec il est à fond de Johnnie To et il en rajoute des caisses). Alors pour faire simple, jugez par vous-mêmes : voyez ses trois derniers films sortis au cinéma en 2007 (ELECTION 1, ELECTION 2 et EXILÉS) et dites m'en des nouvelles.

Mais revenons plutôt au film du jour... Tout d'abord, BREAKING NEWS n'est pas un film aussi personnel que PTU, qui est un peu un AFTER HOURS local. C'est un film commercial, mais intelligent, qui nous parle de la manipulation des médias. Breaking News commence par l'un des plus beaux plan-séquence jamais réalisés au cinéma (un vrai, pas comme celui de De Palma, et SNAKE EYES, qui comme vous le savez est faux : il y a trois raccords !). Ce plan, tourné dans la rue et à l'intérieur en lumière naturelle, est époustouflant : en quelques secondes, Johnnie To nous présente tous les personnages principaux (flics et gangsters), ce qu'ils font là et pourquoi... Un émerveillement qui dure presque 10 minutes. Et pendant ce plan-séquence (que vous n'oublierez jamais !), un journaliste télé filme la lâcheté d'un policier et une jeune policière décide de mettre en scène l'assaut des gangsters pour redorer l'image des la police de Hong Kong. Une bonne idée ? Pas vraiment non, car tout va déraper...

Les personnages, riches et forts, se croisent, discutent de tout et de rien (on voit par exemple deux gangsters qui font la cuisine en se disant à l'autre qu'ils auraient pu devenir cuisinier - les deux en revaient - mais qu'ils ont choisit le banditisme...). Il y a une histoire d'amour non-dite entre la fliquette et un des gangsters... Vous verrez aussi de nombreux ressorts, de nombreux changements de genres, de multiples pistes, qui ne sont jamais perdues mais qui sont juste effleurées. Bref, c'est brillant.

Jusqu'à la fin, To maintient le cap et réalise le pari bluffant d'un film rapide, explosif, rebondissant, qui laisse peu de répit. Certes on a déjà vu cela dans le polar hongkongais et l'effet de surprise n'est que très relatif. Mais l'originalité, si elle n'est dans la mise en scène virtuose, réside dans le traitement du sujet. On a donc connu Johnnie To plus inventif dans ses dispositifs filmiques (cf. THE MISSION ou l'anti-action chorégraphiée), mais BREAKING NEWS a le mérite de générer une réflexion pertinente et fondée sur le pouvoir et l'utilisation abusive des médias, qu'il dénonce sans détour.

Images choc, technicité magistrale, acteurs bien dirigés (on évite les gros clichés) : ce type de divertissement, efficace et intelligent, reste suffisament rare pour que l'on daigne faire la fine bouche !


et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le mercredi 18 juillet 2007 11:07

Modifié le lundi 23 juin 2008 05:48