LA CHAMBRE DU FILS

LA CHAMBRE DU FILS
- "On pense que les sensations qui génèrent beaucoup d'énergie, telle la haine ou la douleur, franchissent facilement la frontière."
- "Quelle frontière ?"
- " Entre les différent mondes ! Je sais, c'est difficile à croire,mais . . . As-tu déjà entendu parler du paradoxe de Schrödinger ?"

Titre Original : LA HABITATION DEL NIÑO

Genre : Peur -Terreur-Angoisse

Con Javier Gutierrez, Leonor Watling, Terele Pavez, Antonio Dechent...

Una pelicula dirigida por Alex DE LA IGLESIA

ESPAÑA - 2006 - 1H17

RESUME
U
n jeune couple avec un nouveau-né arrive dans leur nouvelle maison. C'est une vieille batisse complètement rénovée, lieu idéal pour commencer une véritable vie de famille. Avant de se coucher, l'homme vérifie le moniteur dans la chambre de leur bébé, un modèle dernier cri qui permet d'écouter le bébé dormir, mais aussi de le voir. . .
Ce couple va alors découvrir que quelqu'un est assis tous les soirs près du berceau du bébé. . .




STOP ! Je vous arrête tout de suite, cette CHAMBRE DU FILS n'a évidemment aucun rapport avec LA CHAMBRE DU FILS de Nanni Moretti (LE CAIMAN), une terrible histoire dramatique. Non, il s'agit bien là d'un film du réalisateur de l'excellentissime LE JOUR DE LA BÊTE, Alex de La Iglesia , mais oubliez tout ce que vous avez vu jusqu'à présent du cinéaste espagnol. Comprenez pas d'humour noir (malgré quelques répliques qui ne manquent pas d'humour), pas d'effusion de sang et encore moins de gore. Non, ici Alex de la Iglesia confirme son statut de véritable maitre de l'angoisse, un des meilleurs en Espagne - avec les non moins doués Alejandro Amenabar (LES AUTRES, OUVRE LES YEUX...), Jaume Balaguero (LA SECTE SANS NOM, A LOUER...) et Guillermo Del Toro (MIMIC, L'ÉCHINE DU DIABLE...) ou même le jeune Nacho Cerda (ABANDONNEE, LA TRILOGIE DE LA MORT), le nouveau venu de la bande.

En fait, c'est la première fois que je vois LA CHAMBRE DU FILS (que j'ai acheté récemment avec Trois autres films espagnols : LE JOUR DE LA BETE, MES CHERS VOISINS et À LOUER), j'en avais juste vaguement entendu parler et je l'ai acheté pour une simple et bonne raison, parce qu'il était signé De La Iglesia, et... quelle surprise, quel choc !
Tout d'abord, il faut que je vous dise ce que je reproche habituellement aux films d'horreur :

Tout d'abord, et c'est mon principal reproche : souvent, ils ne font même pas peur - un comble pour un film d'horreur ! - bon.. si le montage sonore est correct, on va sursauter un peu, mais ce n'est pas de la véritable peur. Ou bien on peut aussi voir des litres de sang être déversés sur les comédiens, ce qui peut être marrant parfois, mais, encore une fois, ce n'est pas effrayant.

Ensuite, ce sont tous les petits défauts souvent propres au genre, mais qui depuis ces dernières années (et heureusement pour nous) tend à s'améliorer : des comédiens pas du tout crédibles, un scénario qui tient sur un paquet de feuille à rouler (OCB, de préférence) ou grand renfort d'effets spéciaux pour essayer de combler les défauts d'écriture (genre PULSE) et j'en passe et des meilleures (la liste est longue et si ça vous dis de la continuer, dites-moi quels sont vos principaux reproches ?!). Mais LA CHAMBRE DU FILS, très habilement, réussit à tous les éviter ! Oui, TOUS !!! Vous voulez savoir si j'ai eu peur ? Oui, j'en ai encore la chair de poule... et ça fait longtemps que cela ne m'était pas arrivé devant un film dit "d'horreur" !

Pour apprécier pleinement le métrage, il vaut mieux en savoir le moins possible - je vous conseille d'ailleurs de ne surtout pas lire les critiques qui décortiquent (trop) le film avant de l'avoir vu !!! - c'est la raison pour laquelle je préfère éviter de trop vous en dire, par crainte de vous gâcher le plaisir, et même si c'est qu'un peu ça serait grave, car je voudrais que le film vous provoque les mêmes sensations qu'à moi. Très brièvement, c'est l'histoire d'un couple qui s'installe dans une vieille maison qu'ils vont bientôt penser hantée. Pour surveiller leur bébé, ils utilisent une caméra infrarouge qui va bientôt capter des images impossibles à voir à l'oeil nu : un homme, un meurtre ? Est-ce un fantôme ? Est-ce le passé ? L'avenir ? Je ne vous en dis pas plus, voyez plutôt le bref résumé ci-dessous, ça suffit amplement, croyez-moi.

En Bref : déjà auréolé du Grand Prix du Festival policier de Cognac avec UN CRIME FARPAIT, Alex de La Iglesia réussit enfin à s'imposer en France avec ce récent long métrage (enfin... le film ne dure qu'1h17, une durée suffisante pour réussir à faire monter la tension et la maintenir jusqu'à une fin...inattendue, insoupçonnée), qui oscille entre film de fantôme, suspens et parapsychologie (voire une dose de physique quantique). Toutefois, voici un conseil (pour qui veut bien dormir) : ne voyez surtout pas LA CHAMBRE DU FILS un soir tout(e) seul(e) chez vous - même en vérifiant chaque recoins de votre appartement avant de vous coucher : le film fait réellement très peur ! Au moins vous êtes prévenus (et moi je suis dégagé ainsi de toutes responsabilité quant à votre éventuel arrêt cardiaque).


Êtes-vOus d'accord , ou bien qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le lundi 30 juillet 2007 07:02

Modifié le lundi 23 juin 2008 02:57

LE JOUR DE LA BÊTE

LE JOUR DE LA BÊTE
- Le Curé : "José-Maria, je dois t'avouer quelque chose."
- José-Maria : "Bon ben tu me diras ça un autre jour parce..."
- le curé : "Mais ça concerne ta mère... Elle est tombée dans l'escalier, oui enfin... c'est moi qui l'ai poussé. Elle a voulu me tuer à la pension, quand je suis retourné pour le sang. C'est un accident."
- J-M : "Alors le sang qu'on s'est servit..."
- le curé : "C'est celui de Mina"
- J-M : "Elle est morte elle aussi ?"
- le curé : "Non non non, je crois pas, je lui ai seulement fait avaler des cachets."
- J-M : "Oh c'est puissant ça... Ha au fait, elle est vierge ?"
- le curé : "Oui."
- J-M : "Mais comment vous l'savez ?"
- le curé : "C'est elle qui me l'a dit."
- J-M : "Cool... Bon, ma vieille j'm'en branle complètement. Non, c'qui m'inquiète c'est... c'est c'que vas devenir le grand-père."

Titro Original : EL DIA DE LA BESTA

GRAND PRIX Fantastic Arts - Gerardmer


Genre : Comédie Satanique Dejantée

Con Alex Angulo, Armando De Razza, Santiago Segura, Terele Pavez, Nathalie Sesena et Gianni Ippoliti

Una pelicula de Alex DE LA IGLESIA

L'heure n'est plus à la normalité !
Angel, pretre spécialiste des écrits de l'apocalypse, déchiffre que l'antéchrist va naitre demain : le jour de Noel. Pour rencontrer le malin, il garde sa soutane mais se livre au mal ; le péché ne lui fait pas peur. Aidé de quelques compagnons "hauts en couleurs", il forme un commando pret à tout pour sauver le monde. Et si ça marchait ?...



Comme je vous l'ai dit dans mon article intitulé "Le cinéma fantastique espagnol", LE JOUR DE LA BÊTE, film surnaturel et déjanté d'Alex de La Iglesia (ACTION MUTANTE, MES CHERS VOISINS...), est un traité de démonologie à la Peter Jackson période BAD TASTE / BRAIN DEAD. Pour ce projet hors du commun, le réalisateur nous promène aux quatre coins d'un Madrid angoissant et amusant en compagnie de 3 personnages des plus burlesques.

C'est l'histoire d'un curé qui, persuadé d'avoir réussit à déchiffrer les écrits de l'apocalypse, se met en chasse de l'antéchrist qui va naitre demain, jour de Noël. Mais il n'a aucun véritable plan d'action, rien de concret. Il sait juste qu'il doit faire le mal, commettre pleins de péchés afin de pouvoir approcher le Malin, de le tromper (par exemple, un blessé - grièvement brulé - posé sur une civière dans la rue, l'appelle (faiblement) "Mon père, mon père...". Le curé s'approche et, lentement, glisse sa main dans son imper, lui vole son portefeuille et lui dit calmement : "Tu peux aller bruler en enfer !"). Il fonce donc tête baissée dans un Madrid mis à feu et à sang par un groupe mystérieux qui, sous le nom de "Madrid Propre", sévit ces derniers temps dans la capitale, au gré des signes que veut bien lui montrer Dieu (ou le Diable ?). Chemin faisant, il croise plusieurs personnages qui vont devenir ses alliés (volontaires ou involontaires ?), dont José-maria, un hardrocker qui tient une boutique de disques et le "Professeur" Caban qui présente une émission télé dite "à sensations" dans laquelle il lit l'avenir des téléspectateurs qui appellent. Ainsi, les 3 compères vont vivre des aventures complètement délirantes !

On trouve déjà dans ce long métrage tous les ingrédients Iglésiens comme l'humour noir (les dialogues sont tordants, ils font mouches à chaque fois - voyez par vous-mêmes l'exemple ci-bas) et la gore attitude, bien qu' assez faiblement (oreilles arrachées, SDF brulés, multiples coup de poings, de battes, de fer à repasser dans la figure...). La mise en scène est diablement efficace et la photographie très soignée (un des derniers plans, quand ils sont sur le toit de l'immeuble face à la Bête, est juste sublime, avec une mise en lumière parfaitement maitrisée). La musique ? Du genre Heavy Metal, Iron Maiden, etc... Bref, le genre... tonitruant, mais que ceux qui n'aiment pas se rassurent, il y a aussi des passages plus doux.

Et, l'air de rien, Alex De La Iglesia en profite aussi pour égratigner "gentiment" les émissions télé qui versent dans le sensationnel. Ainsi, on voit par exemple le présentateur-télé de l'émission "Zone d'ombre" (annoncé comme "le messager du monde occulte, le magicien du mystère, le maitre du surnaturel, l'homme qui connait le présent, le passé et l'avenir... Le célèbre professeur Cadan") qui accueille un enfant sur le plateau (qu'il présente comme le diable). "Alors mon petit, maintenant que tout ça est terminé, comment te sens-tu ?". Réponse du gamin : "Très bien, grâce à vous et à l'équipe de Zone d'ombre". On a droit aussi à des dial savoureux, genre le présentateur qui fait son coming-out à la télé et... en direct : "Ceci est un message destiné aux 10 millions de cons qui passent leur temps à regarder cette putain d'émission de merde : La fin du monde a lieu cette nuit - vous entendez !? L'apocalypse a lieu cette nuit ! Alors vous l'avez dans l'cul le réveillon, vous l'avez dans l'cul Noël, c'est foutu, TOUT EST FOUTU ! (...)'".

En bref : LE JOUR DE LA BÊTE est une comédie satanique décapante, où l'humour noir et le gore font sensation (plus légèrement pour le gore), réalisée par Alex De La Iglesia (LA CHAMBRE EU FILS, UN CRIME FARPAIT), le maitre du genre en Europe. Du surnaturel déjanté particulièrement réjouissant à tordre le coup aux clichés. Cultissiiiiimo !!!


Êtes-vous d'accord, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le dimanche 29 juillet 2007 11:57

Modifié le lundi 23 juin 2008 03:15

INTACTO, de J. C. Fresnadillo

INTACTO, de J. C. Fresnadillo

Sortie Au Cinéma le 15 janvier 2003


Public : Interdit aux moins de 12 ans


Genre : Thriller Fantastique


Avec Leonardo Sbaraglia, Eusebio Poncela, Monica Lopez, Antonio Dechent et Max Von Sydow


Réalisé par Juan Carlos Fresnadillo



ESPAGNE - 2001 - 1H45



RÉSUMÉ

Tomas est l'unique survivant d'une catastrophe aérienne.
Federico à survécu à un tremblement de terre.
Sara est sortie indemne de l'accident de voiture qui a couté la vie à toute sa famille...
Ces quatres personnages qui ne peuvent se passer de la chance, quitte à la voler, vont se livrer à un jeu mortel. Et seul l'un d'entre eux en sortira intact.




Pour son premier long métrage, le réalisateur de 28 SEMAINES PLUS TARD Juan Carlos Fresnadillo passe à la couleur (il avait été nominé à l'Oscar en 1997 pour ESPOSADOS, son court métrage en noir et blanc) et le résultat est à la hauteur.

INTACTO nous relate l'histoire de Tomas, jeune voleur recherché par la police et l'unique survivant d'une effroyable catastrophe aérienne. Mais cet accident n'est que le point de départ d'une histoire tortueuse et étrange où la chance et la superstition constituent le coeur de l'intrigue.

L'originalité du film étant d'exploiter la dimension magique et mystérieuse contenue dans la notion de chance en la poussant à l'extrême.
Une idée novatrice et ingénieuse qui entraine de belles trouvailles narratives. Par exemple, celle qui consiste à capturer la chance des inconnus en les photographiant afin d'augmenter son capital de chance comme si l'on pouvait stocker la chance de la même manière que l'on épargne de l'argent. Cette dernière étape des compétitions se présente comme une porte de rituel où le cinéaste aborde avec intelligence l'idée de la virtualité de nos souvenirs.
Malgré tout, narrativement, le film tisse une intrigue difficile à tenir en équilibre. Dans son dénouement final, le réalisateur trebuche dans les fils de son récit, ce qui fait un peu baisser l'intensité du récit.

Fresnadillo confirme avec INTACTO ses qualités visuelles, sa capacité à mener une intrigue complexe à un rythme trépidant sans pour autant sacrifier à l'aspect psychologique des personnages. Parce que la mise en scène ne lui est pas entièrement dédiée, Juan Carlos Fresnadillo réussit à introduire avec brio la représentation métaphysique dans son film.
Au final, INTACTO se présente comme un film grisant et diaboliquement efficace porté par une atmosphère maléfique et inquiétante.

Qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le vendredi 27 juillet 2007 15:55

Modifié le lundi 23 juin 2008 03:24

LE CiNEMA FANTASTiQUE ESPAGNOL

LE CiNEMA FANTASTiQUE ESPAGNOL
Après (les polars de) Hong Kong et la Corée du Sud, continuons ensemble notre petit tour du monde virtuel, si vous le voulez bien. Que dites vous de l'Espagne (coté fantastique), ça vous dit ?
Toujours afin de ne pas (trop) vous ennuyer, j'ai découpé le papier en deux parties distinctes : Passé / Présent - naviguez ainsi à votre guise.


PART I : (PASSÉ)


A une époque, quand on parlait de cinéma fantastique en Espagne, c'était pour s'en moquer - ne riez pas, cela nous concerne aussi, en France ! - et rire franchement des aventures du loup-garou Waldemar Daninsky dans une rafale de séries B vaguement gothiques. Daninsky alias Paul Naschy, alias Jacinto Molina, grand pionnier du genre dans la péninsule ibérique.
Fan intégriste des grandes figures du genre, il interprète coup sur coup DRACULA, LA MOMIE, JACK L'ÉVENTREUR, LE MONSTRE DE FRANKENSTEIN, un zombie, Dr JEKILL ET MR HYDE... Une activité qui remonte aux années 70.

A l'époque, encouragé par quelques succès et des exportations massives, le cinéma espagnol produit à la chaine des films fantastico-gores d'une grande naiveté, très amusants au second degrés mais cinématographiquement assez consternants. Ce sont LE BOSSU DE LA MORGUE, L'HORRIBLE VAMPIRE SEXUEL, LA FURIE DES VAMPIRES, LES VAMPIRES DU Dr DRACULA et, bien sur, la saga des TEMPLIERS MORTS-VIVANTS d'Amando de Ossorio. Plus de cent titres au final, tous sous influence des classiques italiens, britanniques et américains.

Tous ou presque car, au milieu des tacherons, certains se distinguent en manifestant quelque ambition. Vicente Arrada au travers d'une mariée sanglante inspirée de la "Carmilla" de Sheridan Le Fanu. Narciso Ibanez Serrador et sa très inquiétante RESIDENCE et ses RÉVOLTÉS DE L'AN 2000 (prévus en double-DVD collector en Juin 2008 !!!) marquant l'extermination des adultes par des enfants inquiets de leur avenir...
Des cas à part car, généralement, les réalisateurs espagnols venus au genre par opportunisme se satisfont de quelques effets horrifiques et du déshabillage de comédiennes guère farouches.

Le premier à pratiquer ce sport : Jess Franco. Jess Franco qui, en 1961, donne au cinéma ibérique le très beau HORRIBLE DR HORLOFF, avec Howard Vernon dans le role d'un émule au Pierre Brasseur des YEUX SANS VISAGE. Une tentative réussie qui ébranle la très pieuse censure franquiste par son audace à meler érotisme et horreur.

Après encore quelques films acceptables (MISS MUERTE, LES NUITS DE DRACULA tout de même animé par Christopher Lee et Klaus Kinski), le réalisateur sombre dans le marigot de la série Z où il se perd à jamais en pondant sans discontinuer des Frankenstein cochons, des Dracula libidineux et autre Trone de feu. Une grande perte. A bout de souffle au début des années 80, à force de pillage des icônes, le fantastique ibérique ne livre plus que quelques nanars retardataires.
Ceux notamment de Juan Piquer Simon, réalisateur du SADIQUE A LA TRONCONNEUSE, de SECRET DE L'ILE AUX MONSTRES et autre CONTINENT FANTASTIQUE en hommage à Jules Verne, d'un SUPERSONIC MAN pathétique qui mange au ratelier de SUPERMAN, de SLUGS et ses limaces gourmandes de biais humaine...


PART II (PRÉSENT)


Culte pour les amateurs de nanars, le fantastique made in Spain serait-il maudit, systématiquement tiré par le bas par de viles obligations commerciales ?

Tout porte à le croire jusqu'au milieu des années 90. Des films du genre, l'Espagne n'en produit pratiquement plus jusque là, à l'exception notable de quelques essais marginaux à l'instar du semi-parodique ANGOISSE de Bigas Luna.

En 1993 déboule sur le créneau un certain Alex de la Iglesia (LE CRIME FARPAIT), barbu bigleux qui rue dans les brancards avec ACTION MUTANTE. De la Science-fiction destroy, volontier provoc'. Le succès est au rendez-vous. L'artiste persiste deux ans plus tard et signe avec LE JOUR DE LA BÊTE, un traité de démonologie à la Peter Jackson période BAD TASTE / BRAIN DEAD. Du surnaturel déjanté particulièrement réjouissant à tordre le coup aux clichés. Un autre succès pour Alex de la Iglesia.

Aux antipodes d'un style survitaminé porté sur le trash, un autre cinéaste travaille au renouveau du fantastique espagnol : Julio Medem sur le terrain plus délicat de l'onirisme, du glissement du réel dans l'irréel. Son chef-d'oeuvre : L'ÉCUREUIL ROUGE, un jeu d'amnésique mené par la belle Emma Suarez.
Une brèche s'ouvre. D'autres suivent. Alejandro Amenabar via le poisseux TESIS, puis le schizophrénique OUVRE LES YEUX.

Tom Cruise le remarque et lui demande de mettre en images THE OTHERS (LES AUTRES) sur un scénario proche du "Tour d'écrou" d'Henry James, projet qu'anime principalement Nicole Kidman. Toujours sous l'impulsion de la star des MISSION : IMPOSSIBLE, OUVRE LES YEUX devient VANILLA SKY à Hollywood.
Un remake signé Cameron Crowe, avec évidemment Tom Cruise, mais également Kurt Russell, Cameron Diaz et Penelope Cruz, déjà interprète de l'original, en guise de passerelle entre Madrid et la Californie (elle reprend d'ailleurs le meme personnage).

De la meme génération que Alex de la Iglesia et Alejandro Amenabar, Jaume Balaguero enlève assez efficacement (enfin...) LA SECTE SANS NOM, thriller sombre et oppressant qui s'achève dans une apothéose malsaine.

Fort de nombreuses distinctions internationales et d'une audience appréciable, il réunit Fele Martinez, Anna Paquin et Giancarlo Giannini pour son film suivant DARKNESS. Du fantastique évidemment, plus direct que celui, atmosphérique, de LA SECTE SANS NOM. Depuis, ses autres réalisations (FRAGILE et A LOUER) sont malheureusement sortis qu'en DVD.
Seul son pitoyable REC est sorti en salle, une énormissime bousasse vomitive comme on en voit peu tout au long d'une vie (beurk beurk beurk !!!).

A l'heure d'ABANDONNÉE de Nacho Cerda, le fantastique espagnol reprend son souffle. Au point que la société barcelonaise Filmax a depuis lancé une ligne de films du genre en recrutant quelques chevronnés spécialistes américains sous la bannière de la Fantastic Factory.
Des cinéastes comme Brian Yuzna (RE-ANIMATOR 2, SOCIETY), Jack Sholder (HIDDEN) et Stuart Gordon (RE-ANIMATOR, EDMOND).

Belle revanche...

# Posté le jeudi 26 juillet 2007 07:18

Modifié le lundi 23 juin 2008 03:53

CONFESSION OF PAIN

CONFESSION OF PAIN
"Cinq ans après INFERNAL AFFAIRS, Lau et Mak reviennent sur les lieux du crime avec leur nouveau film. Encore plus noir !" SCORE

Titre original : SHANG CHENG

Direct-To-Dvd le 4 juillet 2007

Public : Accord parental recommandé !

Genre : Thriller

Avec Tony Leung Chiu-wai, Takeshi Kaneshiro, Shu Qi et Jing Lei Xu

Réalisé par Andrew LAU et Alan MAK


HONG KONG - 2006 - VOST (seulement) -1H46


RÉSUMÉ

Hong Kong, ville obscure et cruelle. L'inspecteur chevronné Hei (Tony Leung) est exposé en permanence à l'horreur et à la mort. Lorsque son beau-père est assassiné, il contacte son ex-partenaire Bong (Takeshi Kaneshiro) devenu détective privé. Mais celui-ci réalise vite combien les apparences sont trompeuses. Le crime est aussi monstrueux que parfait : les indices l'amènent sur une piste insoupçonnée déclenchant une périlleuse chasse à l'homme.



Tout d'abord, afin de vous ennuyer le moins possible, je vous préviens qu'il s'agit ici du dernier film de ma série Polars HK que je vous présente. J'ajouterais les films manquants suivants plus tard (lors d'un Hors série exceptionnel) : TIME AND TIDE, ELECTION 1 ET 2, HEROIC DUO, MOB SISTER ou encore THE KILLER...

Après une si longue attente (la date de sortie cinéma a été repoussé une fois ou deux, puis le film est finalement sorti directement en dvd, va savoir pourquoi) on attend au minimum de CONFESSION OF PAIN qu'il soit un très bon thriller. Normal, celui-ci est signé des principaux responsables de la Trilogie INFERNAL AFFAIRS, qui avaient d'ailleurs assurés s'être surpassés.
Armé du plus gros budget jamais alloué à un thriller (100 millions de dollars HK), le trio formé par Alan Mak, Andrew Lau et le scénariste Félix Wong ne cache pas sa prétention d'établir une nouvelle référence du genre. Il faut dire que le casting ne fait pas les choses à moitié, puisque, dans les premiers rôles, on trouve Tony Leung, Takeshi Kaneshiro, Shu Qi et Xu Jinglei. Leung incarne un flic désabusé dont le richissime beau-père est assassiné. Il contacte alors son ancien collègue (Kaneshiro), devenu détective et alcoolique, pour l'épauler sur l'enquête qui ne tarde pas à déterrer les secrets de chacun, forcément liés au meurtre.

Le titre original en dit long sur le contenu du film : c'est SHANG (qui signifie blessure) CHENG (qui signifie cité) : La Cité des Blessures... Dans n'importe quelle ville, nous pouvons trouver des êtres en qui nous nous reconnaissons. Nous avons tous vécu des histoires douloureuses dans nos relations amoureuses, familiales ou amicales. Et chaque personne a sa façon de gérer ses blessures et veut savoir d'où elles viennent, pourquoi elles nous rongent. Nos blessures influencent t-elles nos actes ? Comment les surmontons-nous ? L'important est de savoir si elles nous transforment, et c'est bien là que se trouve le message du film. L'histoire du film est tragique, mais elle est traitée avec assez d'optimisme.

Depuis l'énorme succès d'INFERNAL AFFAIRS 1 au box-office local, puis à l'international - le film sera remaké par Scorsese (LES INFILTRÉS, un quasi copié-collé) - Alan Mak et Andrew Lau (auxquels il faut rajouter le scénariste Félix Wong) ont continué à collaborer sur l'assez décevant INITIAL D (2004), sur MOONLIGHT IN TOKYO (2005), et enfin CONFESSION OF PAIN (2006), sur lequel on sent une évolution. Alors que leurs films précédents reposaient sur les rebondissements, cette fois ils insistent sur les sentiments des personnages, sur leur façon de les gérer. En comparaison, je trouve que le film (précédent) auquel ressemble le plus Confession..., c'est Infernal Affairs 2, malgré toutes les différences évidentes. Il semble que l'équipe (de choc) ait muri dans sa façon de filmer, d'ailleurs, il y a longtemps qu'on n'avait pas vu Hong Kong aussi belle de nuit, aussi bien filmée - vous verrez, entre autres, certains plans d'hélicoptère sont juste sublimes.

Vous vous souvenez peut-etre qu'Alan Mak (ancien directeur photo de Wong Kar Wai), Tony Leung et Takeshi Kaneshiro s'étaient déjà rencontrés sur CHUCKING EXPRESS, alors est-ce que Confession.. en est la suite ? En effet, on pourrait voir le film comme une suite à Chucking Express, à la fin duquel les personnages se retrouvaient seuls : Tony Leung était séparé de sa copine et Kaneshiro finissait seul aussi. Donc oui, ce film pourrait etre la suite de leur destin ! On voit bien qu'ils y ont pensé (le numéro de matricule du flic est le 6336), meme si en réalité il s'agit surement plus d'un clin d'oeil que d'une suite.

Au final, l'excellent trio - les deux réalisateurs Alan MAK et Andrew LAU et le scénariste Félix CHONG - se retrouvent après La Trilogie Infernal Affairs, pour notre plus grand plaisir ! Ils nous surprennent dans un style inattendu, soutenus par un casting à couper le souffle : la magnifique Qi SHU (Georgeous, Le Transporteur...) et les incontournables Tony LEUNG (Infernal Affairs, In The Mood for Love...) et Takeshi KANESHIRO (Le Secret des Poignards Volants...). CONFESSION OF PAIN est, certes, un film commercial (il y a des explosions, de l'action, de l'émotion... : des moments de bonheur alternent avec des moments de souffrance, comme dans la vie), mais c'est aussi un digne rejeton du thriller tragique hongkongais - un défaut ? le film est un peu long à démarrer (pas moins d'une vingtaine de minutes avant qu'on comprenne bien les tenants, les aboutissants...) - au script particulièrement noir et particulièrement bien écrit, à la réalisation soignée et dont le dénouement ne laisse aucun protagoniste indemne (et je ne parle meme pas de la musique, de la lumière et des décors, qui sont fabuleux).

Editeur : MK2

Suppléments DVD : Making of - Conférence de presse - Interviews d'Alan Mak et Félix Wong

EN +
Le prochain film d'Andrew Lau, THE FLOCK (qui parle d'enlèvement d'enfant, de délinquants sexuels...) avec Richard Gere et Claire Danes, sort sur nos écrans le 14 novembre 2007 !


et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le mardi 24 juillet 2007 01:09

Modifié le lundi 23 juin 2008 04:45