NINJA SCROLL

NINJA SCROLL
"Cette Ninja peut etre très utile. Elle empoisonne tout homme qui a des relations intimes avec elle. Quiconque lui fait l'amour est voué à la mort. Elle est parfaite pour ce monde immoral !"

Public : Interdit aux moins de 16 ans !

Genre : Manga fou, violent et romantique aux combats redoutablement chorégraphiés / Chambara (film de sabres)

Réalisé par Yoshiaki Kawajiri

JAPON - 1993 - 1H34

RESUME

Un village entier est décimé par la peste. Envoyé sur les lieux en éclaireur, un groupe Ninja se retrouve pris en embuscade par Tessai, un colosse aux pouvoirs surhumains. Kagero, une magnifique ninja dont le seul toucher provoque la mort, est sauvée par Jubei, un voyageur solitaire. Bien malgré lui, il se voit forcer de lui preter main forte afin de déjouer un complot contre le gouverneur et combattre un ennemi sur lequel la mort n'a par d'emprise.



NINJA SCROLL est un film qui, à bien des égards, me tient particulièrement à coeur. A l'instar de Ghost in the Shell et d'Akira, c'est un des tous premiers mangas, une des toutes premières perles rares que j'ai vu, adoré et adopté de suite - c'était dans les années 90-95, je ne parle donc pas des Goldorak et autres Albator que j'ai vu dans mon enfance.

NINJA SCROLL est un film de samourais à la poésie noire et cruelle. Dans des couleurs rouge et bleu, électriques, froides, Jubei, le ninja solitaire, entame un tango de mort avec les guerriers de la nuit, les démons immortels : un colosse capable de se couvrir d'une carapace de granit (en corps à corps, il aime démembrer ses ennemis à grands renforts de craquements et de flots de sang) ; Mochizo l'homme-guèpe, qui porte carrément une ruche dans la chair de sa bosse dorsale ; ou encore plus intéressant, celui qui utilise son ombre comme une arme pour se cacher ou engloutir ses adversaires ; Sans parler de la superbe Kagero (qui est au coté de Jubei) la femme fatale au corps entièrement envenimé (les mécréants voulant se livrer à quelques exercices diversement pervers sur sa personne en sont donc pour leur frais). Cette jolie plante vénéneuse est l'exemple le plus subtilement angoissant d'une galerie de personnages jouant de leur attrait sexuel comme d'un piège mortel. Ils sont beaux, élégants, impitoyables. Ce sont des mercenaires à la solde du diable et pour l'amour d'une morte-vivante, Jubei engage contre eux une série de duels à la beauté glaciale, d'une impeccable sobriété. Dans ces affrontements réduits à l'épure, esthétisés à l'extrème, on trouve la signature de... Yoshiaki Kawajiri.

Yoshiaki Kawajiri est l'un des plus grands réalisateurs de dessins animés japonais : il a signé, entre autres, CYBER CITY (1, 2 et 3), VAMPIRE HUNTER D : BLOODLUST, THE COCKPIT, LA CITE INTERDITE, etc...
Et c'est en 1993 qu'il signe son oeuvre la plus aboutie, folle et violente, qui ose s'approprier à la fois les mythologies du cinéma de sabre et des films d'horreur. NINJA SCROLL ressuscite donc l'un des genres fétiches du cinéma japonais, le chambara (film de sabre). Grand passionné du cinéma d'action, Kawajiri rend ici un véritable hommage à la saga des BABY CART et des auxquels il insuffle la folie déviante d'un kung-fu horrifique inspiré des séries B (voire des CATEGORY III) du cinéma hongkongais.

Réalisateur pointilleux et créateur insatiable, Kawajiri met ici en scène un festival d'action non-stop. Des poursuites à cheval, des combats aux sabres (violents, variés et réglés au millimètre près) et à la dynamite, des embuscades et morts violentes, le sang gicle dans tous les coins du cadre et les adversaires rivalisent de brutalité et de sauvagerie. Les flèches volent bas, les corps sont tronçonnés de part et d'autre, les tetes se déforment sous les coups, les cranes se perforent et l'ampleur des massacres frôle le génocide. Kawajiri est, semble t'il, motivé par une seule règle : "Quitte à réaliser un film d'action pour adulte, autant y aller à fond !".
Le design est particulièrement soigné et crédible, mais Kawajiri s'arme aussi de l'esthétique 'manga' (les personnages sautent de toits en toits, traversent des maisons le sabre au clair, sont filmés en panoramique avec la lune en arrière plan...). Les visages aux traits incisifs sont féroces et déformés par l'effort et/ou la haine, quand ils ne sont pas emplis d'une certaine mélancolie. Sans parler des monstres ou démons (cités ci-dessus) qui parsement le film.

Authentique fleuron du character design horrifique et viscéral, NINJA SCROLL baigne dans une atmosphère qui oscille entre pure poésie (les décors et la lumière sont sublimes) et nervosité frénétique (les affrontements sont déviants à souhait). Très spectaculaire, le film use des idées les plus folles, des pièges les plus tordus et des assauts les plus barbares (l'objet du spectacle demeure évidemment d'exalter les vertues héroiques de personnages romantiques et dramatiques).
Devant un tel spectacle de maitrise et de démence, on peut aisément affirmer que, sur bien des points (esthétiques, dramatiques....), NINJA SCROLL marque l'apogée du talent de Kawajiri. Un pur chef d'oeuvre.

A noter que la nouvelle édition du DVD (sortie en France récemment, pour les 10 ans de NINJA SCROLL) a changé d'habillage, mais pas seulement. Il y a des bonus en plus - contrairement aux récentes rééditions d'autres mangas, où c'est seulement le boitier qui change !
Dans une longue interview (d'environ 45 minutes) accordée à un journaliste, Kawajiri dit entre autre qu'il laisse ses assistants plancher sur NINJA SCROLL-la série télé, mais qu'en revanche, la version cinéma (donc, de la suite de NINJA SCROLL) c'est son bébé à lui, et qu'il désire faire un film encore plus divertissant que l'original, tout en gardant toujours un contexte historique.

et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le samedi 11 août 2007 15:15

Modifié le lundi 23 juin 2008 01:38

SPRIGGAN, d'Hirotsugu Kawasaki

SPRIGGAN, d'Hirotsugu Kawasaki
"SPRIGGAN est hallucinant !" dixit James Cameron. Le père de la saga TERMINATOR n'avait alors pas hésité à vanter les qualité de cette création des Studios 4 " C (AMER BETON), comme il l'avait déjà fait pour BLOOD - THE LAST VAMPIRE (bientot disponible), de meme que Chuck Dixon, scénariste vétéran pour Marvel et DC Comics (THE NAM, BATMAN : THE DEVIL'S ADVOCATE) qui avait déclaré que "SPRIGGAN est ce qui est arrivé de mieux à l'animation depuis AKIRA" (avec lequel vous verrez un lien : cf l'enfant manipulé par l'armée).

Genre : Aventures / Action

Réalisé par Hirotsugu Kawasaki

JAPON - 1998 - 1H27

L'HISTOIRE


Yu Ominae est le meilleur agent de l'organisation Arcam, une agence spécialisée dans les opérations militaires les plus dangereuses. Suite à la découverte d'une relique archéologique capitale, Yu est envoyé pour protéger l'équipe scientifique chargée de percer les mystères de ce qui se révèle rapidement etre... l'Arche de Noé ! Convoitée par des agents américains sans scrupule, l'arche est dotée de pouvoirs extraordinaires, notamment celui d'influer sur le temps. Le compte-à-rebours est lancé !




A l'heure où le film d'aventure peine à nous surprendre, SPRIGGAN est une bouffée d'air frais pour les cinéphiles férus de paysages exotiques, de héros intrépides et de super-vilains prets à tout pour conquérir le monde. Cette adaptation d'un manga créé par Hiroshi Takashige et Ryoji Minagawa, dans lequel Yu Ominae, un jeune transfuge d'une unité paramilitaire clandestine de l'armée américaine, est engagé comme mercenaire par une compagnie archéologique spécialisée dans les recherches de sites légendaires (l'Arche de Noé, le Saint Graal...), est une nouvelle preuve que l'animation japonaise peut damer le pion au cinéma 'live'. SPRIGGAN possède à la fois le souffle épique de la trilogie INDIANA JONES (l'histoire du film est d'ailleurs une relecture des AVENTURES DE L'ARCHE PERDUE de Steven Spielberg), le dynamisme de la série JAMES BOND et l'exotisme d'APOCALYPTO.
Appelé à la rescousse, Yu Ominae est envoyé en Turquie afin de sécuriser le site d'une fouille archéologique sur le mont Arrarat censé abriter les vestiges de l'Arche de Noé. Mais ce qui devait etre une mission de routine va se transformer en cauchemar pour Yu, obligé de lutter contre le tyrannique Colonel McDougall et ses sbires, également à la recherche de la célèbre relique...

Réalisé par Hirotsugu Kawasaki (chef animateur sur METROPOLIS d'Osamu Tezuka) et supervisé par le géant Katsushiro Otomo (STEAMBOY), le film est fidèle au manga original. Le fil conducteur de l'histoire est tendu au maximum, l'action sert d'exposition narrative et la démesure pyrotechnique est au rendez-vous. SPRIGGAN ne possède pas d'autre prétention, jouant la carte du divertissement pur et dur sans aucune retenue. Tout éclate et tout explose durant près d'une heure trente sur un rythme digne des productions Jerry Bruckheimer ! Outre cette parenté évidente, SPRIGGAN dynamise son contenu en reprenant à son compte de nombreux artifices issus du comic book américain. Entre autres, Yu Ominae a recours à une combinaison de combat qui est un décalque des armures de guerre utilisées par Tony Stark et Jason Rhodes dans les sagas IRON MAN et WAR MACHINE. Le caractère forcené et profondément égocentrique du méchant Colonel McDougall s'apparente grandement à celui de Victor Von Doom (Dr Fatalis), l'ennemi juré des 4 FANTASTIQUES. A l'inverse, SPRIGGAN a été par la suite une influence déterminante dans le monde du comics, à l'image de la magnifique saga PLANETARY de Warren Ellis avec ses archéologues de l'étrange. Ode érigée à la gloire de la culture populaire, SPRIGGAN est enfin disponible en dvd depuis décembre 2006 chez HK Vidéo.
D'ailleurs, si la présentation du dvd est plus que correcte coté emballage (voyez plutot : la photo + le 'descriptif' sont disponibles sur l'article suivant intitulé "Votre Sommaire") on regrette toutefois de trouver pour seuls bonus des bandes-annonces (ainsi que 5 superbes cartes postales exclusives). Mais bon, face à un dessin animé d'action et d'aventures mené tambour battant et supervisé par le créateur d'AKIRA et de Steamboy, le grand Katsuhiro Otomo (!), on pardonne très vite.

et vOus, avez-vous envie de le voir ? Sinon, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le jeudi 09 août 2007 03:47

Modifié le lundi 23 juin 2008 01:50

FOUL KING, de Kim Jee-woon

FOUL KING, de Kim Jee-woon
"A découvrir d'urgence ! Le réalisateur phare du cinéma coréen au sommet de son inspiration." DVDRAMA.COM

Sortie en dvd le 7 novembre 2006

Public : Tous publics

Genre : Comédie (sociale, burlesque et romantique)

Avec Song Kang-ho, Jang Jin-young, Jang Hang-sun, Park Sang-myun, Song Young-chang et Jung Woong-in

Ecrit et réalisé par KIM Jee-woon

COREE DU SUD - 2000 - VOST + VF - 1H47


RESUME

Un petit employé de bureau sans envergure est le souffre-douleur de son patron. Lassé des humiliations qu'il subit régulièrement, il décide de s'inscrire au club local de catch. Il rejoint une équipe de catcheurs professionnels où il prend le role du catcheur tricheur : le FOUL KING.




Très bonne initiative de Studio Canal pour contribuer à faire connaitre Kim Jee-woon en France : il n'est pas que le cinéaste de films de genres trop classiques tels A BITTERSWEET LIFE ou 2 SOEURS. FOUL KING, qui est le deuxième film du réalisateur, est à ranger à coté des grands classiques sur le catch comme SPIDERMAN (celui de Sam Raimi), le ROYAL RUMBLE de 1992 et évidemment CALAMARI WRESTLER !
Plus sérieusement, cette comédie entrainante, et surtout génialement interprétée par Song Kang-ho (MEMORIES OF MURDER, THE HOST...), est une putain de leçon de mise en scène ! Kim Jee-woon se surpasse pour trouver les angles les plus inattendus, les ruptures de rythme et les ralentis qui confèrent au ring des allures de d'arène de titans.

A l'instar de A QUIET FAMILY, le premier long métrage de Kim Jee-woon (que je n'ai toujours pas réussi à voir), où le réalisateur mélangeait plusieurs genre (comédie et horreur), comme c'est d'ailleurs souvent le cas dans les films asiatiques, FOUL KING est également un savant mélange de plusieurs genres : du sport, de la comédie, de l'action et même de l'amour.

Le film parle de catch bien sur, mais ce n'est pas seulement un film de (ou sur le) sport. On constate en effet une réflexion sur la vie que tout le monde partage, une sorte d'auto-portrait. Il s'agit aussi d'une histoire sur nos comportements. L'histoire est celle de Im Dae-ho, le personnage principal du film, qui est un employé de banque qui travaille beaucoup, mais à sa manière... il a du mal à s'adapter à la société et à la concurence. Ce n'est pas une question de compétences ni de manque de capacités. C'est un homme à la timidité maladive, quelqu'un qui ne veut pas réussir à tous prix, mais qui préfère mener sa vie à sa façon et selon ses efforts. Il est loin d'etre admiré et subit souvent les pressions de son patron, voire les 'agressions' (vous verrez à plusieurs reprises les clefs-de-coup qu'il lui fait). Un jour, le personnage devient catcheur professionnel, plus par hasard que par réelle prise de décision. A travers ce sport, Dae-ho se découvre. Il découvre la passion de la vie, son énergie vitale, il retrouve les choses qu'il a perdu avant en se mettant à nu et en faisant des combats violents sur le ring. Enfin, il révèle son véritable visage, auparavant caché, et commence à mener une double vie : celle d'un sombre petit employé soumis aux pressions de sa boite, et celle de catcheur.
. L'histoire vire finalement à l'allégorie lorsque le héros ("le roi des coups bas") combat un champion dans une lutte à mort tellement violente que l'on ne sait plus très bien si elle est truquée ou authentique.

En Bref : agrémenté de touches tant comiques qu'ironiques, FOUL KING, qui montre l'évolution du combat sans merci (tant sur le ring que dans la vie) d'un homme impuissant, est un modèle de comédie (la vraie, celle où on s'éclate !) à la croisée des genres (sociale, burlesque et romantique).
Avis aux fans de 2 SOEURS et/ou de A BITTERSWEET LIFE : FOUL KING est peut-etre bien le meilleur film de son auteur : désopilant et, pour le coup, magnifique (je vous laisse imaginer).


et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le dimanche 05 août 2007 10:14

Modifié le lundi 23 juin 2008 01:55

LE GEANT DE FER, de Brad Bird

LE GEANT DE FER, de Brad Bird
Titre Original : IRON GIANT

Public : Tous publics

Genre : Un dessin animé... Géant !

Avec les voix originales de Jennifer Aniston, Harry Connick Jr, Vin Diesel...

Réalisé par Brad BIRD

ETATS UNIS - 1999 - 1H23


SYNOPSIS

Hogarth, 8 ans, jeans, baskets, fusil en bois et imagination débordante, possède toute la panoplie du parfait aventurier. Ca tombe bien, un gigantesque robot de fer vient d'atterrir non loin de sa maison. Fou-rire, complicité et courage vont sceller une amitié indestructible entre l'enfant et le géant.






MON AVIS

Pour oublier au plus vite la malheureuse expérience de la fadasse RATATOUILLE, j'ai décidé de me replonger dans une des oeuvres précédentes du réalisateur, du temps où la liberté de ton de Brad Bird était encore intacte, c'est à dire avant qu'il ne vende son ame au Dia... heu à Disney. Et comme j'ai preté mon collector des INDESTRUCTIBLES à un pote, je n'avais plus qu'à me replonger dans son autre perle animée : LE GEANT DE FER, ou l'un des plus beaux dessins animés que j'ai jamais vu !

Après avoir travaillé comme animateur sur ROX ET ROUKY et signé quelques épisodes des SIMPSON (il a aussi réalisé un épisode de la série AMAZING STORIES produite par Steven Spielberg), Brad Bird met en scène en 1999 son premier long métrage d'animation
Adapté du livre de Ted Hugues "The Iron Man", qui avait inventé ce récit pour consoler ses deux jeunes enfants de la disparition de leur mère, la poètesse américaine Sylvia Plati, LE GEANT DE FER évoque la touchante amitié d'un petit garçon et d'un robot venu d'une planète inconnue (Planet Terror ?). Bien sur, toute la ville, puis bientot le gouvernement et l'armée américaine vont prendre en chasse le géant et son petit ami, qu'ils prennent pour les prémices d'une attaque ennemie.

LE GEANT DE FER est un bel hommage aux (nombreux) films de science fiction américains des années 50-60, d'ailleurs, il n'est pas sans rappeller l'excellent LE JOUR OU LA TERRE S'ARRÊTA, de Robert Wise, où il est question d'un extraterrestre qui arrive sur Terre en soucoupe volante, avec son robot, mais qui n'a pas le temps d'expliquer ses bonnes intentions (il vient délivrer un message de paix) que les Hommes lui tirent dessus. A cause de la menace grandissante (guerre froide, bombe atomique, radiation, radioactivité...) les films de cette époque évoquaient souvent la paranoïa, la peur des Hommes, leur incrédulité et leur stupidité... mais aussi la tolérance, dont il est aussi question dans le film de Brad Bird.

Un des principaux points forts du GEANT DE FER, c'est qu'il s'adresse autant aux enfants qu'aux adultes, grace à ses multiples niveaux de lecture et de compréhension (c'est malheureusement ce qu'il manque à RATATOUILLE, qui s'adresse principalement aux enfants) : le film ne manque pas de gags, d'humour (on est pourtant très loin de RATATOUILLE et de l'univers féerique de Disney) mais c'est aussi la critique d'une époque.

C
oté graphisme, le film est une réussite totale, l'ambiance des années 50 est très bien rendue. A l'instar du récent PERSEPOLIS (voire meme du SIMPSON : LE FILM) et malgré la légèreté du trait, le graphisme est simple, mais efficace, il nous procure ainsi toute une gamme d'émotions - tout comme les personnages, qui ont une vraie épaisseur (perso, je m'identifie facilement à Hogart, je trouve toutes ses actions justifiées - moi aussi j'aurais versé un laxatif dans le verre de Kent Mansley ! Il faut dire que j'ai une sainte horreur ni aucun respect pour ces fanatiques d'extreme droite. Puis son coté paranoiaque est exaspérant) et sans oublier le robot. En effet, le géant parle peu mais il réussit à faire passer des émotions, comme dans la scène où il commence à ressentir des choses... ou encore celle, très belle, où le robot est peiné par la mort d'un cerf et veut qu'Hogart lui explique ce qu'est la mort. Là encore, peu de mots, mais beaucoup de sentiments - grace aussi à (la voix de) Vin Diesel, qui fait preuve d'une grande sensibilité (un conseil : pour un plaisir plus grand, voyez plutot l'anime en VO !).

Puis coté musique, ça le fait aussi plutot meme très bien, le score de Michael Kamen est puissant et d'une rare beauté (la scène d'ouverture est saisissante : un pecheur découvre le robot, en pleine mer, déchainée par une tempete... avec la symphonie, qui rappelle celles des films des années 50, par dessus... c'est juste puissant, on est plongé direct dans le film, d'où on n'a plus envie de sortir).

La première fois que j'ai vu GEANT DE FER, il y a déjà quelques années, fut pour moi disons un petit choc, une très jolie surprise, il faut dire que j'ai vu le film comme ça par hasard et je ne m'attendais donc pas à autant de qualités (aussi bien au niveau de l'histoire, que du graphisme, des personnages, de l'animation...), surtout venant d'un conte pour enfant. A la fin, j'étais... disons bouleversé - il faut dire que c'est un des seuls animes qui a réussit à m'arracher une larme (avec LE TOMBEAU DES LUCIOLES, qui lui m'en a arracher plusieurs meme). Seul aspect négatif : le film peche parfois par son petit coté sentimentaliste, parfois débordant. Mais on s'en aperçoit à peine puis on oublie vite (disons que ça devient secondaire), au vue des nombreuses qualités du métrage (citées ci-dessus).

En Bref : 5 ans avant ses supers INDESTRUCTIBLES (et 8 avant sa RATATOUILLE sans saveur) ou pour enfants uniquement), Brad Bird nous montrait déjà toute l'étendue de son talent, avec un premier long métrage d'animation sans langue de bois et totalement maitrisé. Drole, subversif, intelligent, superbement mis en scène, visuellement sublime, émouvant... LE GEANT DE FER, qui s'adresse autant aux petits qu'aux grands, est donc une pépite, un des meilleurs film d'animation de la décennie, grace surtout à un scénario intelligent, un graphisme harmonieux et une réalisation soignée, sans oublier les personnages attachants et parfois émouvants.
Une réussite totale (je conseille à ceux, encore (trop ?) nombreux, qui ne l'ont pas vu de le découvrir absolument et au plus vite) !


et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le samedi 04 août 2007 00:10

Modifié le lundi 23 juin 2008 02:17

OUVRE LES YEUX, d'Amenabar

OUVRE LES YEUX, d'Amenabar

T
itre Original : ABRE LOS OJOS

~ Ouverture du Festival de Berlin 1998 (catégorie "Panorama") ~ Grand Prix du Festival international du Film de Tokyo ~

A
u Cinéma le 2 janvier 2002

Genre : Fantastique / Science fiction

Con Penelope Cruz, Eduardo Noriega, Fele Martinez, Chete Lera...

Una pelicula de Alejandro AMENABAR

ESPAÑA - 1997 - 1H54


LA HISTORIA

D
ans la cellule d'une unité psychiatrique carcérale, un jeune homme de 25 ans (César) est aidé par un psy à reconnaitre les circonstances qui l'ont amené à commettre un meurtre. Les progrès du récit de César font apparaitre de graves confusions dans sa perception de la réalité. Désespéré, il vient à mettre en doute son équilibre psychique et à imaginer (?) une conspiration contre lui. Seule idée réconfortante, il s'agit peut-etre d'unêve (?). . .



Le réalisateur Alejandro Amenabar, un des plus grands cinéastes espagnols, nous livre ici un film violent et troubant ou réalité et virtualité se confondent, avec la superbe Penelope Cruz. Depuis, il a réalisé LES AUTRES, son premier film en anglais, co-produit par Tom Cruise. TESIS, le premier long métrage d'Alejandro Amenabar (qui a remporté 7 prix en España, dont celui du Meilleur Film, du Meilleur scénario et du Meilleur Réalisateur), fera l'objet d'un remake tout comme OUVRE LES YEUX (gros succès au cinéma espagnol), dont le remake VANILLA SKY, réalisé par Cameron Crowe, est sortie en salles en 2002.

OUVRE LES YEUX (ABRE LOS OJOS, en VO) brasse les principaux thèmes de la science fiction paranoiaque contemporaine - on pense notamment à Philip K. Dick (Minority Report) - ou encore à (des films comme) THE GAME ou TOTAL RECALL, dont Philip K. Dick est l'auteur.

La belle idée du film est de confronter, d'une part, la programmation des individus à leur capacité à rever, de l'autre, le pouvoir des images à celui de l'imagination. Mais il ne s'agit pas ici de dénoncer ce qui pourrait arriver à la télévision, comme dans le précédent film du réalisateur, TESIS. Dans OUVRE LES YEUX, ce message moralisateur n'existe pas.

Le film parle, entre autre, des progrès de la médecine, sa capacité à allonger la durée de vie : Dans le futur, peut-etre sera t'il possible de vivre non pas 100 ou 200 ans, mais 300 ou 400 ans - une réalité à laquelle, personnellement, je suis heureux de ne pas etre confronter. Le film combine la réalité virtuelle avec la cryo-conservation (souvent nommée "cryogénisation"), une technique proche de l'hibernation.

Coté casting, c'est du tout premier choix : La superbe Penelope Cruz, qui reprendra 4 ans plus tard le meme role dans le remake américain VANILLA SKY - notons que c'est bien plus qu'un simple remake : c'est un (quasi-)copié-collé (dialogues identiques, scènes identiques...) mais avec des acteurs différents (sauf Penelope) et une esthétique visuelle plus poétique. Penelope Cruz est une actrice qui peut etre excellente si elle est bien dirigée : TOUT SUR MA MERE, EN CHAIR ET EN OS, VOLVER... et qu'on retrouvera bientot dans le prochain Woody Allen, MIDNIGHT BARCELONA ; Le beau Eduardo Noriega, qui est depuis devenu un chouchou du réalisateur : Il a fait ses armes dans des courts métrages dont celui d'Amenabar, LUNA. Ensuite il a joué dans l'excellent thriller horrifique TESIS (toujours d'Amenabar), puis dans L'ECHINE DU DIABLE de Guillermo Del Toro, dans EL LOBO, aux cotés de Patrick Cruel et Melanie Doutey... ; Et enfin, Fele Martinez - souvenez-vous, je vous ai parlé de lui il y a quelques jours seulement à l'occasion des articles SOUVENIRS MORTELS et DARKNESS. Vous l'avez aussi peut-etre vu dans l'étrange et clipesque UTOPIA (2004) ou plus probablement dans l'original et bouleversant LA MAUVAISE EDUCATION (mon préféré d'Almodovar !), dans lequel il tient le rôle principal au coté de Gael Garcia Bernal. Un acteur qui vaut d'être connu !

Néanmoins, le film demande une attention particulière, soutenue, car sans cela le spectateur risque de se perdre dans les méandres du script, très habilement écrit mais qui est tout de même très compliqué. OUVRE LES YEUX est donc un film que je considère comme parfait - un chef-d'oeuvre donc - à voir et (surtout) à revoir (on y découvre des éléments nouveaux lors de chaque visionnage) sans modération.


EN +
Voici une de mes séquences préférées :
Noria insiste pour conduire chez elle César, qui n'en pas très envie. Ils roulent :

- Noria : "Le bonheur, pour toi, qu'est-ce que c'est ?

- César : "Quoi ?"

- Noria : "Pour moi le bonheur, c'est d'etre ici avec toi. Pas pour toi ?"

- César (qui s'en bat les cacahuètes) : "J'en sais rien. Il est un peu tard pour ce genre de conversations philosophiques."

- Noria : "Ouai... Ne me prends pas pour un idiote, trésor (...) Y'a quand meme une chose qui m'ennuie."

- César "Ouai, quoi ?"

- Noria "Tu sais rien de moi. Sauf mon nom et que je baise bien. Tu sais pas où j'habite, t'as pas mon numéro..."

- César : "Là au moins, je vais pas tarder à savoir où t'habites."

- Noria (qui "sourit jaune") : "Ok, on arrive bientot."

- Noria (qui accélère) : "César... est-ce que tu crois en Dieu ?"

et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le mardi 31 juillet 2007 06:24

Modifié le lundi 23 juin 2008 02:35