GHOST IN THE SHELL - La Saga

GHOST IN THE SHELL - La Saga
dVd GHOST iN THE SHELL : SOLiD STATE SOCiETY enfin chz Beez !

La sortie d'1 nouvel opus de la saga GHOST IN THE SHELL fait tjrs figur d'evenemnt. Si Mamoru Oshii laiss sa casquett de realisateur à Kenji Kamiyama, ce dernier respecte le cahier d charg de la celebre franchise en livrant une oeuvre spectaculair qui devrait reconcilier ls fans du 1er opus decontenancés par l'aspect philosophic du 2nd episod. Mais revenons en arriere...

GITS

Realisé par Mamoru Oshii (PLATABOR) &adapté du manga de Masamune Shirow (APPLESEED, ORION) GHOST IN THE SHELL est un monumnt incontournabl de l'anime. Un film phare pour ls amateurs d'animation japonaise, d'univers cyberpunk &de quete metaphysiqu. Avc GITS, Oshii a la geniale id de prendre le genre à revers. D'abord il opte pour un traitemnt raccourci de l'oeuvre de Shirow, reputée inadaptabl de par sa trop grande complexité, en ne conservant que la substance. Ensuite il impose un design qui prend ses distances avc le manga en engageant qques pointur de l'anime avc ls tres reputés Shoji Kawamori (MACROSS) & Okiura Hiroyuki (JIN ROH). Enfin il prend le parti de montrer un univers futurist credibl, logic. Le + naturel &discret possibl. De fait, GHOST IN THE SHELL se refuse à ceder aux decors inutilemnt demesurés &à une facture visuell trop voyante. Mem traitemnt en ce qui concern ls scenes d'action. Oshii ls filme dans leur + simple expression, evitant d'accumuler maladroitemt ls sequences destroy. Cela dit, GITS n'est cependant pas avar de scenes spectacul'r, comm le demontre l'hallucinant affrontemnt entre Kusanagi &un tank, la formidable scene d'ouvertur ou encor ls jeux de cache-cache via le thermo-optique. Mais le veritabl interet du film d'Oshii est ailleurs. Dans la thematiqu philosophique d'1 scenari qui chemine entre politic, science-fiction &reflexion metaphysique. Des reflexions qui hantent le film tt comm l'esprit du Major Kusanagi, l'heroine du film. Une femme-cyborg specialist de la lutte contre le terrorism &l'espionnage. Precise, puissante &quasimnt indestructibl, Kusanagi a pourtant une faille... son ame. La seule part d'ell-mem encore humaine. Dans sa quete pour mettre hors d'etat de nuire le Puppet Master, elle prend conscience de son etat &commence à douter. C là que GITS devoil sa veritabl intention : cell du questionnemt sur soi : "qu'est-ce qu'un etre humain ?". Une question hautemnt philosophique à laquell GITS apporte une reponse etonnante au gré d'1 final halluciné.

INNOCENCE ACCUSEE


Si GITS : INNOCENCE d'Oshii a été salué par la critik &boudé par le public, la faute essentiellemt à un scenari complex qui, toutes proportions gardées, se pose comm une version cybernetique du FAUCON MALTAIS en offrant d personnages tridimensionnels lachés au coeur dune intrigue passionnante mais qui souffre d'1 traitemnt deliberemnt enchevetré. La difficulté de comprehension residait alors dans l'etalag de scenes d'exposition qui, malgré leurs contenus didactiques sur la cybernetique, etaient hors de portée du profane. Si le film n'etait dénué de scenes d'action d'anthologies (la descente chez les yakuzas rest encore inegalée), de dynamiques relationnelles poignantes (la complicité entre Batou &son basset Gabriel) et d'un splendide imaginaire visuel (au revoir MATRIX), la complexité de l'oeuvre dans son ensemble empechait son appreciation globale. Ce que voulaient les fans ? Un produit au discours limpide &aux scenes d'action musclées qui puiss rendre ludique l'univers de GHOST IN THE SHELL sans passer systematiquemt par la case existentialiste. En bref, qque chose qui puisse se poser comm une version long-metrag de la serie STAND ALONE COMPLEX dont les qualités federatrices (facilité de comprehension &savant melange d'action + humour) ne cessent d'etre vantées.

SECTION SPECIALE


Créée en 2002 par les eminences grises des studios Production I.G. (BLOOD : THE LAST VAMPIRE), la serie GITS : STAND ALONE COMPLEX est une adaptation bcp + fidele du manga original de Shirow. L'esprit y est + leger en comparaison d films d'Oshii de mem que les personnages du Major Motoko &de Batou y sont monolithiques et + sociables (ce dernier se revele etre un fin blagueur). + encor, la serie offre un relief important au chef Aramaki et à l'inspecteur Togusa, 2 personnages clés de la saga GITS dont la dimension psychologique avait été occultée dans le diptyque signé par Oshii.
Outre la seconde partie de la 2e saison, titrée S.A.C. : 2nd G.I.G. (qui developpe une histoire sur plusieurs episod), la regularité du schema narratif de STAND ALONE COMPLEX est similaire à celui d'une serie policiere comm NYPD BLUE qui, lors de chaque episod, suit l'elucidation d'une enquete criminell en faisant equitablemt usage ds talents ds differnts personnag. Mis à part ls principaux protagonist (Motoko, Batou, Aramaki & Togusa), STAND ALONE COMPLEX recense une nouvelle galerie de heros comm l'enqueteur informatic Ishikawa, le sniper Saito, le specialist en explosifs Borma, le superflic coriace Pazu &les jeunes recrues Proto & Azuma. Lorsqu'un 3e long metrage estampillé GHOST IN THE SHELL est envisagé, ls executifs, soucieux de repondre aux attentes d fans, decident de developper le projet sous l'angle d'un telefilm calibré pour une programmation televisée qui exploiterait la formule de STAND ALONE COMPLEX sur une durée moyenne d'1h30.

CONTE CYBERNETIQUE


L'histoire de GITS : SOLID STATE SOCIETY prend place en 2034, soit 2ans apres la fin du S.A.C. : 2nd G.I.G. Pour des raisons obscures, Motoko Kusanagi a abandonné ses fonctions de Major au sein de la Section 9, l'elite paramilitaire chargée de la repression du cyberterrorism. C'est donc l'inspecteur Togusa qui herite du statut de chef de groupe avc l'implacable Batou comm officier suppleant. Lorsqu'une serie de suicides secoue mysterieusemt la class diplomatique indonesienne implantée au Japon, les baroudeurs de la Section9 sont appelés à enqueter sur ce troublant phenomen. D'apres ls resultats legistes, ls personnes mortes ont toutes été victim d'1 piratag cybernetique cerebral revendiqué par un hacker de haut vol repondant au surnom de Marionnettiste. De fil en aiguille, la Section9 decouvre que ls victims du cybercriminel ont été impliquées dans un horrible infanticide (des enfants ont servi de cobayes à une experience cybernetique à haut risk) &que les motivations du Marionnettist relevent davantage de la quete vengesess que de l'acte terrorist. C'est le debut d'une veritable course contre la montre pour Togusa &ses hommes qui, en + d'assurer la protection d victimes potentielles, doivent debusquer le Marionnettist pour lequel les indices relatifs à son identité laissent supposer qu'il s'agit du Major Motoko Kusanagi...

UN MONDE D'HOMMES

Le fait que SOLID STATE SOCIETY ait été envisagé pour une diffusion cablée n'a en aucun cas amoindri l'ambition du real' Kenji Kamiyama. Ce dernier reussit meme le tour de force de donner à sa creation une texture cinematographique semblabl à celle qu'on retrouve dans AMER BETON de Michael Arias. Avc la meme volonté de rompre avc ls conventions de l'animation classic, Kamiyama use de nombreux artifices propres au 7e Art. Mais là où le realisateur ricain optait pour une forme rugueuse, Kamiyama prefer adopter une posture + soutenue dont la teneur stylistique rapelle les travaux du cineast Michael Mann. Dès ls 1res minut de SOLID STATE SOCIETY, Kamiyama use d techniques cheres au createur de MIAMI VICE, installant un climat frenetique par le biais d'une habile conjonction sonore &visuelle. Lors de la scene d'ouverture servant d'introduction à la Section9, Kamiyama juxtapose ls plans saccadés d policiers en action en un montage rapide, vibrant au rythm d'une music electronic à laquelle se greffe une cacophonie urbaine où s'entrechoquent les sirenes de voitures de police, les gresillemnts de messag radio &ls cliquetis d'armes à feu. Le resultat d'1 tel assemblage sensitif est immediat ! On en prend plein la tronche, à l'instar des ouvertures memorables du SOLITAIRE, LA FORTERESSE NOIRE, HEAT & REVELATIONS. Là où Kamiyama affich une parenté evidente avc Michael Mann reside dans sa vision du tissu urbain, drapé dans une nuit claire qui rappelle inlassablemt COLLATERAL, et dans son utilisation opportune de la dominante bleue, la celebre marque de fabrique du cineast.

CHOIX DES ARMES

Outre son animation fluide &son scenar concis &comprehensif, l'une des qualités de SOLID STATE SOCIETY (moins poetic que ls opus d'Oshii) reside dans son impressionnant souci d'exactitude sur ls details relatifs aux cadres policiers &paramilitaires. Chaque scene d'action beneficie d'une choregraphie criante de realism où on voit ceux de la Section9 se livrer à d progressions offensives semblables à celles de group d'interventions comm la SWAT ou Delta Force. Un parti pris spartiate renforcé par le soin particulier apporté à l'armurerie, le film faisant un etalage majestueux &pointilleux des armes à feu utilisées par ls heros, allant du pistolet Jericho 941 de Batou au fusil de precision Walther WA 2000 utilisé par Saito, en passant par le petit canon Seburo M5 de Togusa. Cet aspect fetichist de Kamiyama rejoint celui d'Oshii qui n'a jamais caché sa passion pour ls armes à feu. Un trait de caracter que ls 2 homms partagent egalemnt avc James Cameron, l'une des influences majeures de la saga GITS. Au meme titre qu'ALIENS, ABYSS &le diptyque TERMINATOR, la trilogie GHOST IN THE SHELL restera dans l'histoire 2la cultur populaire pour avoir conféré à la science-fiction une dimension adulte &transgressive sans jamais trahir ses vertus ludiques. C dire à quel point SOLID STATE SOCIETY est digne de rejoindre le pantheon des oeuvres cultes !

CHRONOLOGIE GHOST IN THE SHELL

1990 Manga de Shirow

1995 1er long d'Oshii

2002 Serie Saison1

2004 INNOCENCE d'Oshii + Saison2

2005 GITS LAUGHING MAN + INDIVIDUAL 11. Ls 2 bntot en dvd !

2006 GITS : SOLID STATE SOCIETY

-> INFO

Btot l'adaptation film Live : I.G. compte en vendre ls droits à un grd studio ricain ! Le succes de TRANSFORMRS n'y est probablmt pas etranger ('.')

qu'en pensez-vous?

# Posté le samedi 06 octobre 2007 01:33

Modifié le lundi 23 juin 2008 00:46

THE CITY OF VIOLENCE

THE CITY OF VIOLENCE
Sorti (directement) en DVD le 21 Mai 2007

Public : Accord parental

Genre : Un hommage sincère au cinéma d'action de Hong Kong

Avec Jung Doo-hong, Ryoo Seung-wan, Lee Beom-bum...

Réalisé par Ryoo Seung-wan

COREE DU SUD - 2006 - 1H30


SYNOPSiS

Un policier revient dans sa ville natale pour assister aux funérailles d'un ami d'enfance, mort dans de mystérieuses circonstances. Il se lance à la recherche du tueur avec l'aide d'un ancien camarade. Leur enquete les mène jusqu'à une vieille connaissance devenue caid d'un gang local.
Tous deux experts en arts martiaux, ils décident de faire payer le traitre...


* * *


On l'attendait au cinéma, mais c'est finalement en DVD (édité par Studio Canal) qu'il débarque dans l'hexagone. THE CITY OF VIOLENCE n'est sans doute pas le film de baston définitif dont on pouvait rever, cela ne l'empeche pas d'etre un buddy movie à la sauce coréenne, inspiré par les polars martiaux produits à Hong Kong durant les années 1980/1990. Sur le papier, le projet a tout pour plaire : la réunion de deux fortes tetes, le réalisateur Ryoo Seung-wan et le directeur des combats Jung Doo-hong qui ont précédemment collaboré sur ARAHAN, CRYING FIST et BLOOD NO TEARS.

Dans l'interview des bonus DVD, Ryoo Seung-wan explique les raisons de sa transformation : "Comme je ne trouvais pas des comédiens qui me satisfassent, je me suis dit que mon chorégraphe Jung Doo-hong et moi-meme allions tout simplement tenir la tete d'affiche de ce film sans utiliser de doublure pour les scènes d'action". Porté par sa passion pour le cinéma de Hong Kong, le réalisateur a donc franchi le pas en mettant en scène l'histoire de Tae-su, un agent du bureau de lutte contre le crime organisé. De retour dans sa ville natale pour les funérailles de son ami d'enfance Wang-jae, Tae-su rencontre ses anciens complices Pil-ho, Dong-hwan et Seok-hwan avec qui il formait un groupe de copains inséparables. Rapidement, Tae-su et Seok-hwan soupçonnent Pil-ho d'etre responsable de la mort de Wang-jae. En quelques années, ce dernier s'est transformé en crapule de la pire espèce...

A la lecture du synopsis, impossible de ne pas penser - entre autres - à FRERES DE SANG de Chang Cheh ou à UNE BALLE DANS LA TETE de John Woo auquel aurait été greffé des bouts du DRAGONS FOREVER de Sammo Hung. Pour cette raison, CITY OF VIOLENCE s'impose comme un hommage sincère au cinéma d'action de Hong Kong à qui il manque un petit soupçon d'originalité pour arriver à se démarquer de ses glorieux ainés.
Malgré ces qques faiblesses, le premier long de Ryoo Seung-wan en tant qu'acteur aligne un quota de séquences d'anthologie (le combat en pleine rue avec une bande de cyclistes) et impose le charisme de ses deux comédiens. Aérien et félin, Jung Doo-hong n'a jamais été aussi à l'aise devant une caméra. Quant à Seung-wan, il n'est pas loin d'égaler les prouesses physiques de son jeune frère Seung-bum dans ARAHAN. Limité essentiellement à des roles comiques, Lee Beom-soo réussit à créer la surprise en campant un salopard que l'on souhaite voir crever le plus rapidement possible.
Les amateurs de musique pourront quant à eux se dandiner sur les compositions au bon gout rétro signées Bang Jun-suk.

Si CITY OF VIOLENCE n'a pas l'intensité dramatique et la fureur d'OLD BOY, du compatriote Park Chan-wook, voilà un pur divertissement sans prétention qui vaut très largement le détour !


et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le mardi 02 octobre 2007 01:59

Modifié le lundi 23 juin 2008 00:43

les FILS de L'HOMME d'A.Cuaron

les FILS de L'HOMME d'A.Cuaron
Titre Original : CHILDREN OF MEN

Sortie Au Cinéma le 18 Octobre 2006 (disponible en édition collector double-dvd)

Public : Accord parental

Genre : Un récit de science fiction entre drame prévisionnel et parabole pacifique. Du grand art, assurément !

Avec Clive Owen, Julianne Moore, Chiwetel Ejiofor, Charlie Hunnam, Clare-hope Ashitey, Pam Ferris, Danny Huston, Peter Mullan et Michael Caine

Réalisé par Alfonso Cuaron

MEXIQUE/ETATS-UNIS - 2006 - 1H45

SYNOPSIS
Année 2027 : depuis 18 ans, aucune naissance n'a lieu. Theo (Clive Owen) s'est résigné à vivre dans cette société sans avenir, jusqu'au jour où son ex-compagne (Julianne Moore) lui demande de protéger l'ultime espoir du genre humain : une jeune femme enceinte. Dans une course effrénée contre la montre, Theo aidé par son ami Jasper (Michael Caine), va tout tenté pour sauver le miracle que la Terre entière attendait.



* * * *


LES FILS DE L'HOMME est un film qui me tient particulièrement à coeur, et que je n'avais (malheureusement) pas pu voir au cinéma. Son visionnage en dvd, à l'instar de celui du PARFUM de Tom Tykwer, place le film parmi mes préférés de 2006, auprès de, par exemple, LE LABYRINTHE DE PAN, de Guillermo del Toro (mais si, le pote de Cuaron !?). Il faut dire que l'oeuvre d'Alfonso Cuaron est admirable à bien des égards !

Angleterre, 2027 : tel pourrait etre le point de départ d'un énième film prévisionnel nous annonçant la pire des catastrophes comme la destruction du monde par une météorite ou encore la suprématie des robots ayant réduit l'Homme à l'état d'esclave. Tel est pourtant le cadre spatio-temporel qu'a choisit Alfonso Cuaron (Y TU MAMA TAMBIEN...) pour nous livrer un récit totalement déjanté mais, cependant, pas si incroyable qu'il n'y parait... et pour cause.
A travers le parcours de Theo, sorte d'anti-héros des temps modernes - ou peut-etre devrais-je dire 'futures' - journaliste loser et alcoolique, Cuaron raconte avec une puissance et un réalisme déconcertants une fable sur le devenir de l'Homme. En choisissant le parti pris d'un monde victime de l'infertilité de ses femmes et donc de sa longue et propre agonie, le réalisateur se fait engagé et livre son point de vue ou du moins sa vision sur les grands problèmes de nos sociétés actuelles et les conséquences qui pourraient en découler à moyen terme.

On aperçoit tout d'abord tout un questionnement sur l'immigration. La réalité qui nous est donnée à voir est celle d'un Etat ayant choisit une politique d'immigration zéro et donc sujet à la pire des immigrations clandestines et à un autre niveau, une répression policière tenace et une xénophobie sans limite.
Dans cette optique, les images que livre Cuaron sont troublantes à bien des égards. Comment, lorsqu'il nous est donné à voir le camp transit pour immigrés du film, ne pas penser à des endroits comme Sangatte ou d'autres centres du meme genre ?
C'est de cette réalité troublante quoiqu'appartenant à la science fiction et à l'imagination du scénariste que le film est littéralement baigné et qui confère sa force au scénario.

Alfonso Cuaron a situé son film en Angleterre, seul endroit où l'on peut sentir le désespoir. L'Angleterre est un des rares pays au monde qui n'a pas de constitution. Elle repose sur sa substance de traditions, inutile de l'avoir par écrit. Dans un tel pays, le reste de la dimension historique est ressentie plus durement.
Mais surtout, Alfonso Cuaron a volontairement choisit de placer son intrigue en 2027, pas en 3013 ni 2321, en 2027, c'est à dire dans 21 ans ! Il a délibérément opté pour un futur proche, pas trop loin de nous, afin de permettre au spectateur de se sentir concerné. En tant que telle, l'époque qu'il nous montre n'est pas très différente de celle que nous vivons aujourd'hui. Pas de totalitarisme ou de dictature comme nous l'a souvent donné à voir le cinéma de science fiction, mais un gouvernement relativement proche de nos modes de fonctionnements actuels (A savoir que le mode principal de la politique est la peur : la peur des immigrés - meme chez les gens de gauche ! - la peur d'un état trop puissant, la peur des impots... C'est la définition de la stérilité, quand on ne peut mobiliser les gens que par le plaisir ou la peur. Le triste signe de notre condition d'aujourd'hui...). Pas de paysage de chaos non plus, mais des endroits similaires aux notres.
Et de façon déconcertante, les memes problématiques que les notres : de vastes mouvements migratoires mais cette fois à une échelle planétaire, des pandémies, la montée du terrorisme, les changements climatiques...

Coté technique, Alfonso Cuaron a opté pour l'approche documentaire, le 'temps réel' : une mise en scène très réaliste, avec de très longues prises fluides et très peu de coupes. On a tout simplement l'impression de suivre les personnages avec une caméra numérique en 2027. Le film est tourné presque entièrement en plans-séquences, ce qui donne à voir des scènes d'actions musclées et hyper chorégraphiées, bien que l'on ne s'en rende pas compte. Dans la première scène du film, qui est en fait un long plan séquence, Cuaron a décidé de faire sauter l'univers (en début de film donc), ce qui indique assez bien de quoi va parler le film. La caméra sort du café, on voit la rue, les magasins - c'est l'avenir et on voit que non seulement la technologie s'est peu développée, mais que celle qui est développée est déjà vieille et obsolète - les passants qui traversent, les voitures, les tuks-tuks... Clive Owen sort à son tour, le café à la main, la caméra lui tourne autour - tout est en mouvement - et cinq secondes plus tard... Boum ! La vitrine du café explose. Impressionant, vraiment ! Bon, je ne veux pas vous dévoiler le film, mais une autre scène d'action impressionnante, entre plusieurs autres, est celle de la voiture. Vous remarquerez la fluidité de la caméra qui filme toute la scène en un long plan séquence et avec une visuelle complète, c'est à dire l'intérieur de la voiture - conversation entre cinq personnes - et l'extérieur à 360 degrés, et le tout sans la moindre coupure. Du grand art, assurément, mais je ne vous en dis pas plus...

Pour moi, dans LES FILS DE L'HOMME, je dirais que l'essentiel du film est à l'arrière-plan, et qu'il est crucial de le laisser à l'arrière-plan. C'est là le véritable art de Cuaron. LES FILS DE L'HOMME est d'une étrange façon le remake de Y TU MAMA TAMBIEN. Ce qui est attirant dans ce dernier comme ici, c'est la merveilleuse tension entre le premier-plan et l'arrière plan (cette idée sera développée dans la prochaine critique d'Y TU MAMA TAMBIEN). Car en vérité, il ne s'agit pas vraiment ici de la stérilité, tout ça, comme prétexte pour le voyage intérieur du héros, du mode de l'anti-héros apathique à un engagement plus actif, etc... Non, ce destin d'individu est une sorte de prisme par lequel on voit encore plus nettement l'arrière-plan. Je pense que le film donne le meilleur point de vue sur le désespoir idéologique du capitalisme, d'une société sans histoire. C'est me semble t'il le vrai désespoir du film.

Un autre élément que j'apprécie énormément, et très risqué, est d'éviter le sexe. Nous avons la fertilité qui revient, mais pas sous la forme d'un couple créé. La fertilité est la fertilité spirituelle : trouver le sens de la vie.

Ce sont toutes les raisons qui font que j'admire ce film, précisément parce qu'il ne fait pas directement de discours politique ou moral, il fonctionne parfaitement !
Un film dont il ne faut pas nécessairement tiré de leçons, mais à voir, définitivement !


et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le mercredi 19 septembre 2007 02:45

Modifié le lundi 23 juin 2008 00:52

AKIRA, de Katsuhiro Otomo

AKIRA, de Katsuhiro Otomo
Public : Accord parental

Genre : 124 minutes de folie pure au réalisme inoui

Avec les voix (originales) de Mitsuo Iwata, Nozomu Sasaki, Mami Koyama, Taro Ishida...

Musique de Shoji Yamashiro

Ecrit, produit et réalisé par Katsuhiro OTOMO

D'après la bande dessinée originale hautement controversée, AKIRA, (publiée en 1982 dans 'Young Magazine') de Katsuhiro OTOMO


JAPON - 1987 - 2H04

SYNOPSIS

Dans l'univers apocalyptique d'un Tokyo post-atomique, Kaneda et sa bande vivent la nuit et se disputent leur territoire avec les autres clans. Tetsuo, un ami de Kaneda, est victime d'un étrange accident lors d'une guerre des gangs. Evacué par des militaires, il sert alors de cobaye et reçoit un pouvoir psychique qui dépasse sa conscience : il est victime du projet Akira...



* * * *

AKIRA est le premier manga que j'ai vu de ma vie (alentour 1989 : quelques mois (an?) seulement avant de découvrir deux autres chef-d'oeuvres du genre : Ghost in the Shell et Ninja Scroll) - bon, sans parler d'Albator et autre Goldorak, Candy.. de mon enfance. Vous comprenez donc maintenant mieux pourquoi j'aime (tant) le genre : j'ai 'commencé' par disons ce qui ce fait de mieux ! Difficile de trouver plus culte dans l'univers du manga.

Akira, c'est cet ado qui prend conscience de ses pouvoirs cachés, pouvoirs qu'il ne maitrise pas, et qui ont entrainé la mégalopole de Tokyo et le reste de la planète dans le tourbillon de la 3e Guerre Mondiale - la scène se déroule à Néo-Tokyo, super cité techno de l'an 2019, 30 ans après l'holocauste. Une ville dévastée, ignorant les causes de son infortune.
A Néo-Tokyo, des millions de rescapés s'agitent dans un bouillon d'énergie chaotique et se lancent à corps perdu à la poursuite d'un avenir inconnu. C'est cette extraordinaire énergie déployée face à l'anarchie qu'Otomo a voulu analyser dans son oeuvre la plus magistrale : AKIRA.

Si AKIRA n'a pas posé les bases de la japanimation, il les a certainement consolidées. Au Japon, lors de sa sortie, AKIRA s'est vendu à 100 000 exemplaires. Lorsque le film débarque sur grand écran en France, aux Etats-Unis, en Australie, en Allemagne et en Angleterre, une réputation d'oeuvre visionnaire le précède. Une popularité qui, aujourd'hui encore, étonne son créateur Katsuhiro Otomo. Ce denier destinait son film à l'unique marché nippon. Créé en début des années 80, ce qui ne devait etre qu'une série pour adolescents va vite faire l'objet d'un véritable culte. Poussé par le succès, Otomo entame donc la mise en chantier d'un long-métrage. Très vite, son choix se porte sur l'animation car, au début des années 90 et malgré les innovations technologiques, il était impossible de retranscrire dans un long métrage de chair et de sang l'univers baroque d'AKIRA. Au final, le choix s'avère judicieux et Otomo accouche de ce qui est sans aucun doute le manga long-métrage le plus ambitieux jamais réalisé. Révélant ainsi le genre "Manga" à l'Europe, il ouvre la voie en précurseur.

Digne enfant terrible des sixties, Otomo livre 124 minutes de folie pure, d'un graphisme au réalisme inoui, de décors comptant parmi les plus sophistiqués et les plus incroyables vus dans un dessin animé, de réflexions philosophiques contestataires et de scènes d'action hyper-violentes. AKIRA ou l'énergie à l'état brut !

Afin de parfaire sa vision apocalyptique de l'archipel nippon, Otomo n'a pas lésiné sur les moyens : 7 millions de dollars de budget (un record au Japon en matière d'animation), plus de 2 200 plans et 160 000 cellulos (soit 2 à 3 fois plus que pour un film d'animation ordinaire), une fourchette de plus de 300 coloris différents dont 50 spécialement créées pour Akira (le contraste entre les couleurs vives employées dans les illuminations de Néo-Tokyo et celles plus ternes du centre-ville est particulièrement frappant) et un recours à quelques images de synthèses. Ceci pour un impact et un réalisme optimum dans les scènes les plus exigeantes, notamment les scènes d'émeutes.
L'autre technique peu courante dans l'animation japonaise à avoir été utilisée pour AKIRA est le pré-enregistrement des voix avant meme l'élaboration des animations (les mouvements de bouche des personnages correspondent bcp mieux aux mots prononcés). Et sans oublier la musique... une musique aussi intelligente que les propos qu'elle accompagne. Du grand art auquel l'édition collector DVD (sortie le 25 avril 2007) rend une justice... inaltérable !
Si vous aimez les manganimés mais ne connaissez pas AKIRA (ok, cela reste peu probable), courrez vite vous le procurer... Vite !

->-> A noter que - la bonne nouvelle ! - Katsuhiro Otomo, à l'instar de son 'collègue' Mamoru Oshii avec son sublime Avalon, sort bientot son film live (donc avec de vrais acteurs bien réels) : MUSHI-SHI (voir photo sommaire) avec Joe Odagiri (Retribution, Blood And Bones, Jellyfish...) et Nao Omori (voix AMER BETON). Quand on voit ce qu'il a fait de son premier long-métrage d'animation AKIRA, et qu'on sait son gout prononcé pour toutes les nouvelles techniques récentes, pour l'action... on peut certainement s'attendre à un long métrage de grande qualité, fabuleux voire exceptionnel (on l'espère !).

L'INFO EN + (AKIRA, le manga et AKIRA, le film)

Dans la version originale du manga, comme dans le film AKIRA, on retrouve les memes personnages. Cependant, des personnages qui sont secondaires dans le film jouent souvent un role important dans l'intrigue beaucoup plus élaborée du manga. Il y a meme toute une série de personnages du manga qui ont totalement disparu dans le film.

De la meme manière, il y a de grandes similitudes entre le scénario d'AKIRA, le film, et le manga. Meme si la longueur et la complexité de ce dernier sont sans commune mesure avec le film. En fait, ce n'est qu'assez récemment qu'Otomo a achevé la saga en plusieurs volumes de son manga (volumes que j'ai presque tous découvert en Aout dernier - à la médiathèque !) alors que le film a été terminé en 1988.

et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le lundi 10 septembre 2007 09:52

Modifié le lundi 23 juin 2008 00:59

FURIE, de Brian de Palma

FURIE, de Brian de Palma
Titre Original : THE FURY

Public : Interdit aux moins de 12 ans

Genre : Thriller horrifique / Une guerre des cerveaux comme on n'en a jamais vue

Avec Kirk Douglas, John Cassavetes, Amy Irving...

Réalisé par Brian DE PALMA


ETATS UNIS - 1978 - 1H53



SYNOPSIS


Peter Sandza est un agent du gouvernement dont le fils, Robin, est doté de stupéfiants pouvoirs psychiques. Un jour Robin est kidnappé et les recherches de son père pour le retrouver demeurent vaines. Reste Gillian, une jeune fille dotée elle aussi de pouvoirs. Ensemble, ils vont tout faire pour le retrouver.



* * *

Il y a seulement quelques mois, j'ai trouvé ce DVD qui ne payait pas de mine... mais il était à 2 euros et surtout, le film était réalisé par le grand Brian de Palma. Après avoir vu FURIE, j'ai réalisé que c'était tout simplement l'un des meilleurs films du réalisateur, déjà très en forme à l'époque : les scènes où l'héroïne touche la main des gens et voit leur passé, avec la caméra qui tourbillone autour d'elle (à la Michael Bay) sont juste sublimes !
Si je n'ai pas mis 4 étoiles au film, c'est simplement parce que je trouve qu'il s'essouffle un peu par moments, il n'en est pas moins une oeuvre sublime que certains considèrent comme un chef-d'oeuvre, ce que je peux comprendre.

Réalisé juste après CARRIE, THE FURY témoigne de la volonté du réalisateur de Palma de travailler sur un projet beaucoup plus surréaliste que ses films précédents : OBSESSION ou SISTERS (dont le remake "SOEURS DE SANG" réalisé par Douglas Buck (Family Portraits) avec Lou Doillon (Go Go Tales, Saint Ange...) et Chloé Sevigny (Zodiac, Demonlover...) est prévu dans nos salles le 7 novembre 2007).
Après Stephen King, c'est l'écrivain John Farris que de Palma adapte avec cette histoire d'enfants armés de pouvoirs psychokinétiques devenus les cobayes d'expériences menées par une société secrète.
Peter Sandza, père de l'un des enfants, va faire appel aux pouvoirs d'une jeune fille afin de retrouver son fils. Cette véritable guerre des cerveaux interprétée par Kirt Douglas et John Cassavetes, le réalisateur la définie comme une lutte entre deux sciences, l'une bonne et l'autre mauvaise.

Véritable thriller horrifique (la fin est terriblement sombre, violente, gore voire apocalyptique) doté d'une mise en scène magistrale et d'un suspens grisant (ainsi que de scènes de poursuites furieuses), FURIE est un film vraiment spectaculaire, qui mériterait d'être beaucoup plus, ou mieux connu du public. Du vrai bon de Palma !


et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le mercredi 22 août 2007 06:51

Modifié le lundi 23 juin 2008 01:06