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# Posté le samedi 27 octobre 2007 11:09

Modifié le mercredi 06 août 2008 09:28

LETTRES D'IWO JIMA

LETTRES D'IWO JIMA
Titre Original : LETTERS FROM IWO JIMA

Sortie Au Cinéma le 21 Février 2007

Public : Tous publics

Genre : Le seul film américain à offrir un point de vue objectivement japonais sur le conflit dans le Pacifique !

Avec Ken Watanabe, Kazunari Ninomiya, Shidou Nakamura et Tsuyoshi Ihara

Réalisé par Clint Eastwood

ETATS-UNIS/JAPON - 2006 - 1H54











Contrairement à TORA ! TORA ! TORA ! ou DUEL DANS LE PACIFIQUE, LETTRES D'IWO JIMA de Clint Eastwood restera dans les annales comme étant le seul film américain à offrir un point de vue objectivement japonais sur le conflit dans le Pacifique.

Relatant les derniers jours de résistance de l'armée impériale face à l'offensive américaine sur le site stratégique d'Iwo Jima, LETTRES D'IWO JIMA est tiré des archives testamentaires du général Tadamichi Kuribayashi (joué par l'excellent Ken Watanalbe), l'un des derniers soldats à s'être donné la mort suite à l'échec de ses troupes.
Épuré de tout pathos et autres procédés dramatiques destinés à provoquer une émotion superficielle chez le spectateur (chose qu'on retouve par dizaine dans PEARL HARBOR de Michael Bay), le film de Clint Eastwood est une vision sans concession des horreurs de la guerre dans les tranchées nippones. Mais là où le film aurait pu pêcher par une sensibilité typiquement américaine (diabolisation de l'ennemi ou vision tempérée de l'armée US), LETTRES D'IWO JIMA livre une vision factuelle du conflit tel qu'il a été rapporté dans les écrits posthumes des soldats japonais ayant péri à Iwo Jima. Le résultat bénéficie d'une telle rigueur qu'il lui valu d'être honoré d'une rare distinction : celle d'être considéré comme l'un des meilleurs récits guerriers par les hautes instances japonaises. Un témoignage d'affection qui prouve que Clint Eastwood est un auteur à considéré avec les mêmes égards qu'Akira Kurosawa et Masaki Kobayashi.

et vOus, qu'en pensez-vous (de ce chef-d'oeuvre du Septième Art ah ah ah) ?

# Posté le vendredi 26 octobre 2007 06:12

Modifié le lundi 23 juin 2008 00:19

YESTERDAY, de Joong Yun-su

YESTERDAY, de Joong Yun-su
~ Compétition Officielle du Festival du Film Asiatique 2004 ~

"L'objectif ? Le controle de l'etre humain. Le transformer à notre gré jusqu'à en faire une machine à tuer."

Sortie (en dvd) le 20 Avril 2005

Public : Accord parental

Genre : Un monument du film d'action et d'anticipation !

Avec Kim Seung-woo, Kim Yun-jin, Kim Sun-ai et Choi Min-sik

Réalisé par Jeong Yun-su

CORÉE DU SUD - 2002 - VOST - 1H59




* * * *






Depuis le très remarqué 2009 LOST MEMORIES (2002) - qui, perso, ne m'a pas tant plus que cela - le cinéma coréen a démontré que son savoir-faire ne concernait pas seulement les grands films d'aventure épiques (THE LEGEND OF EVIL LAKE, MUSA PRINCESSE DU DESERT...) mais aussi le blockbuster d'anticipation à gros budget. Un genre cinématographique particulièrement ambitieux et difficile à dominer dont YESTERDAY s'affiche comme le maitre étalon coréen.

Présenté à la Compétition Officielle du Festival du Film Asiatique 2004 et mis en scène par Jeong Yun-su, le signataire du scénario du film d'anticipation révolutionnaire WONDERFUL DAYS (disponible sur ce blog), YESTERDAY est un film de science-fiction immédiate qui se passe en 2020, à un moment où les deux Corée se sont trouvées réunifiées, ce qui est totalement plausible car il est évident que cela finira bien par arriver. Mais les choses ne se passent pas vraiment mieux qu'aujourd'hui. Quand on lit les journaux là-bas, on s'aperçoit que tout le monde est complètement paranoïaque. Le film parle d'hommes qui veulent dépasser le pouvoir humain pour atteindre le rang de Dieu, mais qui regrettent leurs actes. Ils prennent conscience que ce n'était pas la bonne solution, seulement un refuge à leur vanité (humaine). Cela dit, ce n'est pas un film humaniste ! On voit des hommes en perte de foi, de confiance, plus ou moins sous obédience catholique. Le message qui prédomine est que le poids de la vie est le même pour toute personne, qu'elle soit clonée ou non, et que même sans connaitre ses origines, l'important est de vivre, d'avancer vers une vie meilleure.

Coté visuel, la mise en lumière est superbe, les filtres colorés qui ont été utilisés permettent de mieux mettre en valeur les ambiances, les espaces, et harmoniser l'esthétique du film. Les intérieurs sont sur fond bleu ou vert et les extérieurs saphir avec des faisceaux de lumières intense. Ce qui rend des images proches du western. Les scènes sous la pluie sont superbes, des gouttes tombent vite et on voit des petites lumières plus intenses. Les scènes de fusillades sont très réalistes, filmées caméra à l'épaule, on dirait des séquences d'actualité comme on voit dans les documentaires, dans lesquels on a l'impression de se trouver au coeur de la bataille.

Coté casting, l'actrice principale, Kim Youn-jin interprète superbement son personnage de médecin très rationnel et un peu froid, très différent de son role de femme agent secret dans SHIRI. Et à l'instar de Lee Young-ae (LADY VENGEANCE) dans JSA (JOINT SECURITY AREA, de Park Chan-wook - dispo sur ce blog), elle parle très bien l'anglais. Quant à Kim Sung-woo, qui est l'acteur principal, il est lui aussi impeccable dans le role de Seok, patron des Investigations Spéciales solide et solitaire. Pour Kim Sun-ha, c'est son premier film de cinéma mais, attention... elle assure bien, surtout coté baston. Elle interprète une fliquette solide, endurant et dynamique. Enfin, Choi Min-soo interprète Goliath, même si au début il voulait jouer le rôle de suk...

En bref, YESTERDAY doit sa réussite à un scénario intelligent, un esthétique futuriste raffiné et des scènes d'action explosives. A travers la troublante enquête que mènent l'inspecteur Seok et la scientifique Hee-su, lancés sur les traces d'un tueur en série, YESTERDAY dépasse le cadre du polar pur jus pour pointer du doit les dérives de la recherche génétique. En particulier, le clonage. Un discours grave directement puisé dans l'univers manga. Univers dans lequel le film pioche ses influences narratives et graphiques. Immergé dans une ambiance de science fiction crédible, du type LES FILS DE L'HOMME, que renforcent les effets visuels discrets (les nombreux écrans gigantesques qui traversent la ville), YESTERDAY est aussi, et surtout, un authentique film d'action. A ce titre, Jeong Yun-su s'offre les moyens de ses ambitions : poursuites infernales, combats furieux et fusillades homériques s'accumulent avec une efficacité impressionnante. Autant de morceaux d'anthologie qui imposent le film comme un monument du cinéma d'action coréen !
YESTERDAY est une vision à la BLADE RUNNER, mais dans un pays en danger - ça y est, c'est aujourd'hui, on y vit dans le monde de BLADE RUNNER !!! N'oubliez pas que la Corée du Nord possède la bombe atomique, que la Corée du Sud en a peur, que les américains ne font rien... C'est un pays en danger et quand on demande aux coréens pourquoi ils font des films à toute vitesse, ils disent souvent parce qu'ils ne savent pas de quoi demain est fait.

et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le vendredi 19 octobre 2007 15:11

Modifié le lundi 23 juin 2008 00:24

SHIRI, de Kang Je-gyu

SHIRI, de Kang Je-gyu
"T'as déjà vu un des parents bouffer la chair de ses enfants morts ? Avec votre coca et vos hamburgers... Vous ne pouvez pas comprendre."

Sortie au cinéma le 19 décembre 2001

Genre : Action-Espionnage.

Avec Han Suk-kyu, Choi Min-sik, Song Kang-ho...

Réalisé par Kang Je-gyu

COREE DU SUD - 2000 - 2H




* * *









Pour (bien) continuer cette semaine "coréenne", voici l'explosif SHIRI, LE film par lequel tout a commencé... Le budget a été énorme, pour la Corée - 6 millions de dollars - et le succès a été énorme aussi - 7 millions d'entrées, vendues dans toute l'Asie. Cela a fait de Kang Je-gyu une star ! Avant, il n'avait fait qu'un film, THE GINGKO BED, une histoire de fantome chinois, et depuis, il a fait le plus gros film à nouveau de l'histoire du cinéma coréen, FRERES DE SANG, qui est l'histoire du combat éternel entre Corée du Nord et Corée du Sud.

SHIRI est une petite bombe à retardement dans le paysage cinématographique actuel, au vu des événements qu'on connait, puisqu'il traité de terrorisme... SHIRI raconte pour la première fois ce qu'on va retrouver plus tarde dans JSA, dans TUBE, etc... le fait que la Corée, c'est deux mondes séparés, un pays en guerre de sécession, coupé en deux depuis 50 ans, qui voudrait se réunir sauf que les gouvernements ne tombent pas d'accord et que les familles sont séparées... Donc SHIRI commence assez mal, à la GI JEANNE, quand on voit l'héroine qui s'entraine et qui devient la meilleure tueuse du groupe...mais après, elle va devenir une terrible terroriste : Shiri l'implacable.
Là où le film est étrange, c'est que c'est un grand film d'action qui raconte donc comment les terroristes du Nord viennent foutre le souk en Corée du Sud, mais c'est aussi une histoire d'amour. Sans raconter la fin, l'histoire est plus complexe qu'il n'y parait : au départ, on se dit que c'est encore une de ces héroines à flingue qui va tuer tout le monde. En fait, elle a une vie privée, et cette vie privée va la déchirer. Le film est somptueux, superbe, on y voit arriver tous les acteurs de la nouvelle génération. L'actrice principale Kim Young-jin, qui a été fidèle à Kang Je-gyu depuis le début (elle a tourné dans The GINGKO BED et dans SHIRI) et qui devrait bientot jouer en Amérique le role principal au coté de Billy Bob Thornton. Ce qui est intéressant à savoir, puisqu'on a failli prendre pour MY SASSY GIRL (le remake) l'actrice d'origine et il semblerait que les actrices coréennes sont désormais surveillées par l'Amérique, ce qui serait une excellente idée.

Il y a aussi coté acteurs un casting trés riche, puisqu'on trouve Han Suk-kyu (THE PRESIDENT LAST BANG), Choi Min-sik (acteur principal d'OLD BOY) et Song Kang-ho (acteur principal de SYMPATHY FOR MISTER VENGEANCE et de MEMORIES OF MURDER). C'est donc toute la nouvelle garde des acteurs coréens qui arrive d'un coup dans ce film de baston et d'émotion. Ce qui a son importance car en ce moment, il y a une grande séparation entre les deux genres, et la Corée est peut-etre le seul pays où on sait aussi habilement mélanger le sentiment et la violence.
Dommage que le dernier quart d'heure vienne tout remettre en cause, sombrant dans un pathos forcé et assez invraisemblable. On revient à l'incontournable lutte du bien contre le mal. Des bons contre les méchants. Et devinez qui gagne ?...

Bref, représentatif du nouveau cinéma coréen, proche des productions hongkongaises type John Woo ou japonaises type Kitano, SHIRI est un film où la sophistication n'est pas nécessairement synonyme d'esbrouffe. Après L'ILE de Kim Ki-duk, cette nouvelle vague s'avère plus que prometteuse !


et vOus, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le vendredi 19 octobre 2007 13:46

Modifié le lundi 23 juin 2008 00:31

ATTACK THE GAS STATION !

ATTACK THE GAS STATION !
"Alors ta victime c'est moi ?
- Il en faut bien un..."

Sortie en dvd le Septembre 2007

Public : Tous publics

Genre : Une comédie d'action complètement barrée, absolument cool et parfaitement jubilatoire

Avec Lee Seong-ja, Yu Oh-sung et Yu Ji-tae, Kang Sung-jin et Park Yung-kyu

Réalisé par Kim Sang-jin

CORÉE DU SUD - 1999 - VOST - 1H51



RÉSUMÉ

Une bande de quatre voyous attaque une station service ouverte la nuit, mais constate trop tard que la caisse est vide. Ils décident alors de séquestrer le pompiste et de prendre sa place afin d'empocher l'argent des automobilistes.

* * *




ATTACK THE GAS STATION ne semble pas être terrible - encore un film qui est sorti directement en dvd..." Détrompez-vous les amis, ce film est en réalité une putain de bonne surprise : lisez plutôt (si vous ne craignez pas d'investir 2 minutes de votre temps).

Quatrième long métrage de Kim Sang-jin réalisé en 1999, ATTACK THE GAS STATION est un film... historique. Si si, c'est vrai. Bon, il ne s'agit ni d'un film en costumes ni d'un chef-d'oeuvre, mais c'est une des toutes premières comédies coréennes critique envers la société qui soit un succès au box-office. Dans un style qui n'a rien à voir avec un film engagé comme CHILSU & MANSU (réalisé dix ans auparavant), cette farce néopunk se prend comme un pavé dans la vitrine.
Un groupe de quatre amis composé d'un athlète, d'un musicien rock, d'un peintre raté et d'un traine-godasse décide sur un coup de tete de dévaliser les caisses d'une station service. Déçus par le ridicule montant du butin, ils attaquent de nouveau la meme station en prenant soin cette fois de séquestrer les employés et le directeur. Pris d'une soudaine frénésie, le quatuor se met en tete de servir eux-meme les clients avant de les transformer en otages. C'est le début de l'anarchie lorsque des livreurs de nouilles, une bande de délinquants et un groupe de gangsters prennent d'assaut la station, furieux d'avoir été mal servis par ces quatre pieds nickelés. Lorsque les forces de polices débarquent, le chaos est total...

Conçu comme un pied de nez aux conventions, ATTACK THE GAS STATION ne fait pas dans la finesse. L'humour est rarement digeste, l'interprétation est souvent caricaturale, la réalisation plutot laborieuse. Et pourtant... Pourtant, il est impossible de faire abstraction de l'audace du discours qui a l'époque fait souffler un vent nouveau dans la production coréenne. Kim Sang-jin joue les rebelles avec panache en malmenant les valeurs établies par une société aliénante où les individus sont sommés de rentrer dans le rang. Ancien assistant de Kang Woo-suk (réalisateur de l'excellent SILMIDO - que je vous avais présenté sur mon blog cinéma asiatique - et grand patron de Cinema Service), ce dernier est l'un des meilleurs spécialistes coréens de la comédie à qui l'on doit qques pépites du genre (KICK THE MOON, JAILBREAKERS).
Autre attrait de ce manifeste nihiliste : la présence dans les roles principaux de quatre acteurs qui depuis ont fait du chemin. C'est le cas de Lee Seong-jae (PUBLIC ENEMY, BARKING DOGS...), Yu Oh-sung (FRIEND, CHAMPION...) et Yu Ji-tae (OLD BOY, NATURAL CITY...).

Bref, avec quatre antihéros parfaits et des situations hilarantes, Kim Sang-jin dynamite littéralement le sérieux habituel des films de prise d'otages et nous offre une comédie d'action bien barrée. Absolument cool et parfaitement jubilatoire : un incontournable du nouveau cinéma coréen.
Pour les punks du samedi soir, ATTACK THE GAS STATION est disponible dans la collection Asian Star distribuée par Pathé (en VOST seulement). Coté bonus, on ne trouve rien de bien intéressant (ni interview ni présentation du film par Jean-Pierre Dionnet, qui semble ne plus taffer chez Asian Star : sa présentation n'apparait sur aucun dvd récents), sinon un making-of d'une dizaine de minutes dans lequel on n'apprend rien de plus (sauf qques anecdotes)


alOrs, ça vous tente ? Sinon, qu'en avez-vous pensé ?

# Posté le jeudi 18 octobre 2007 01:34

Modifié le lundi 23 juin 2008 00:40